Dans la logistique, l’introduction de la commande vocale a fait monter en flèche les risques d’atteintes à la santé, physique et psychique. Le sens même du travail est interrogé. « On est tout le temps aux ordres de la machine. Entre nous, on s’appelle les "petits robots". » Nadine Villeau exerce le métier de préparateur de commandes sur une plate-forme logistique du groupe Dentressangle, à Artenay (Loiret). Elle y est entrée en 1991, une époque où, dit-elle, « (je) n’allais pas au travail à reculons. Là, faut me pousser et (je) ne suis pas la seule ». Lassitude, donc, mais aussi douleur chez cette femme de cinquante-trois ans, déléguée syndicale CGT : « J’ai hyper mal au dos, le kiné dit que mon dos est une pierre. Je suis mal dans ma peau. » Elle parle d’un travail devenu soudain à la fois plus dur et « moins intéressant », de « l’ambiance qui n’a plus rien à voir ». Avant de lâcher : « Moi, franchement, je préférais avant, avec la feuille. Je ne supporte pas cette voix. »
Mot clé - commande vocale
lundi 27 avril 2009
Quand travailler, c'est obéir à la voix.
Par Régis TRILLES le lundi 27 avril 2009, 22:19 - France d'après