Les grandes surfaces se font-elles trop de beurre sur le bio  ? C’est en tout cas ce que dénonce l’UFC-Que choisir dans son numéro de février. L’association de consommateurs y publie une enquête réalisée auprès de 1 600 supermarchés d’enseignes variées (Auchan, Carrefour, Leclerc, Atac…). L’étude compare les prix de produits bio vendus par les marques de distributeurs (MDD, soit les produits vendus par les enseignes sous leur propre nom) aux prix des mêmes produits, de mêmes marques, mais non bio.

Plus de 120 000 étiquettes ont été comparées cet automne. Résultat  : la différence de facture est sévère, quand le bio coûte 57 % plus cher que le conventionnel. Encore n’est-ce là qu’une moyenne, calculée à partir d’un cabas de 14 produits. Car, pour certains, la différence est plus marquée. Ainsi pour la farine. Classique, celle-ci coûte peu ou prou 69 centimes le paquet. Bio, son prix grimpe à 1,45 euro, soit une hausse de 110 %. Les produits comme le jus d’orange ou encore les coquillettes affichent des écarts respectifs de 45 %, 64 % et 73 %.

Des marges « qui frisent l’indécence », vilipende l’UFC-Que choisir, qui épingle au passage les pouvoirs publics, rappelant qu’ils s’étaient engagés, lors du Grenelle de l’environnement, à encourager l’agriculture biologique afin de répondre à la demande des consommateurs. Il semble que le chemin soit encore long, grande distribution ou pas. Même les réseaux spécialisés, tels que la Vie claire ou Biocoop, proposent des prix nettement plus élevés – de 47 % à 55 % – que la « normale », relève Que choisir. En revanche, note l’association, ce surcoût ne vaut pas pour les produits de base. Le lait, les pâtes, le riz ou l’huile, y sont ainsi vendus à un prix souvent inférieur à la moyenne.