Nicolas Sarkozy, la monnaie, la dette et le «nouveau capitalisme »
Par Régis TRILLES le mardi 12 janvier 2010, 22:53 - Actualité - Luttes - Lien permanent
Comme souvent, le président de la République aborde de vrais problèmes et leur apporte des réponses inadaptées, répondant, pour l’essentiel, aux intérêts de la grande bourgeoisie française. À l’occasion du colloque « Nouveau Monde, nouveau capitalisme », la semaine dernière, il a évoqué deux thèmes appelés à rester à l’ordre du jour : l’avenir du système monétaire international et la capacité des États à faire face à une nouvelle crise.
Quatre-vingt-dix pour cent des exportations et 93 % des importations chinoises sont libellées en dollar. Le tiers des échanges extérieurs de la zone euro est aussi dans ce cas. On comprend que cette situation de dépendance crée des problèmes : ainsi, en Europe, quand le dollar baisse, cela fragilise les exportations ; quand il augmente, cela renchérit la facture énergétique.
En même temps, personne n’a intérêt à un effondrement du dollar. La Chine, par exemple, subirait un préjudice considérable. Il faut créer un front à l’échelle internationale à partir de mobilisations populaires, les États seuls ne parviendront pas à élaborer une alternative favorable au bien commun des peuples. La construction d’un nouvel ordre monétaire international à partir d’une monnaie commune de coopération et de développement est une condition impérative pour éviter qu’une nouvelle crise ne survienne.
En second lieu, Nicolas Sarkozy a déclaré : « Si la crise devait repartir, les États ne seraient plus la digue qu’ils ont été car nous avons utilisé la plus grande part de nos marges de manœuvre. » Sacré aveu ! Le premier dirigeant de l’État reconnaît que la puissance publique a tiré l’essentiel de ses cartouches. Il essaie, lui, de reconstituer son stock de munitions par la réduction de la dépense publique. Cela fait mal aux Français et c’est inefficace.
La crise que nous venons de vivre résulte d’une suraccumulation de titres de dettes privées qui se sont effondrés et ont été pris en charge par les États et les banques centrales, au point que l’on en vienne à constater une suraccumulation de titres de dettes publiques. Si cela s’écroule de ce côté-là aussi, cela risque de faire très mal. La voie à défricher doit donc à la fois éviter l’austérité drastique et le krach. Cela suppose des réformes radicales mettant en cause le système. La solution n’est pas dans un « nouveau capitalisme » mais plutôt dans une rupture.
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