Copenhague, le climat se crispe
Par Régis TRILLES le vendredi 4 décembre 2009, 17:06 - Economie - Lien permanent
L’OMC ne s’est pas déclarée pour l’instant défavorable à une telle mesure. Son directeur, le socialiste français Pascal Lamy, a affirmé, le 15 septembre dernier, que le « le feu n’est ni rouge ni vert », se contentant d’émettre quelques réserves. Seuls les Allemands, qui craignent des mesures de rétorsion sur leurs propres exportations, s’y sont déclarés opposés.
La création d’une taxe carbone, aux frontières qui vise essentiellement les pays émergents comme la Chine, premier contributeur mondial en volume de gaz à effet de serre, est on ne peut plus hypocrite. Les partisans de cette taxe font en effet mine d’ignorer qu’une part des produits à laquelle elle est censée s’appliquer, sont issus d’industries délocalisées par les pays membres de l’Union européenne. Et donc que les pays européens ont délocalisé dans le même temps une part de leurs émissions. Aujourd’hui, 21 % des émissions chinoises sont générées par les exportations de ce pays.
La création d’une taxe carbone aux frontières n’a pas pour objectif de lutter contre le réchauffement climatique. « C’est une mesure protectionniste prise sous couvert environnemental », dénonce ainsi le PCF. Selon l’économiste communiste Frédéric Boccara, cette mesure est même particulièrement dangereuse. « Pour amortir la taxe, les pays visés feront pression sur l’emploi, les salaires et les acquis sociaux. » Sans conséquence sur les émissions de gaz à effet de serre, cette taxe, si elle voit le jour, contribuera donc au final à accentuer le dumping social.
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