Le 17 mars 2009, Nicolas Sarkozy accompagné par Patrick Devedjian était déjà en Franche-Comté, à Ornans (Doubs) plus précisément. Ils y venaient présenter le plan de relance dans l’industrie. Les promesses débordaient et les montants en euro atteignaient des sommets. Devant les salariés d’Alstom d’Ornans, le plan gouvernemental associant la RATP et Alstom faisait florès.

Mais voilà, le temps est passé, la mémoire a flanché et, désormais, les désillusions s’affichent. En CE, la semaine dernière, la direction d’Alstom Ornans a annoncé que les 262 moteurs auxiliaires Mi09 commandés par la RATP seraient, en définitive, fabriqués dans son usine chinoise de Xiang. Les syndicats s’insurgent et le secrétaire du CE Alstom Transport d’Ornans, Philippe Pillot, profite de la venue du Président dans la région pour l’interroger par courrier : « Est-il normal qu’une partie des fonds engagés au nom du plan de relance de l’économie française soutienne des productions délocalisées en Chine ? » et de motiver ainsi son interrogation : « Compte tenu de la situation de l’emploi, de l’économie et de l’industrie française, compte tenu de la situation de certains sites dont celui de Belfort, nous nous devons de dénoncer cette situation. En effet, cette commande a été obtenue dans le cadre du plan de relance 2009 du gouvernement et de la RATP et il est dès lors hors de question que la fabrication des composants soit faite hors de France et encore moins en Chine. Nous vous demandons, par la présente, d’intervenir auprès de notre direction pour modifier sa décision de localiser la fabrication des auxiliaires Mi09 en Chine et de rapatrier cette charge sur le site d’Ornans avant que nous perdions les compétences utiles à la fabrication de ces produits, dans le cadre de la stratégie de délocalisation de notre entreprise vers les pays à bas coût de main-d’œuvre… »

La direction justifie son choix par la faiblesse de la charge d’exécution : « Elle ne représente que 5 500 heures de travail… » Des heures de travail qui seraient pourtant bien utiles dans cette région où, en une année, le nombre de demandeurs d’emploi est en hausse de 36 % et où les heures de chômage partiel dépassent le million. Hier, dans son fortin de Poligny (Jura), Nicolas Sarkozy n’a pas pu recevoir cette lettre mais, nul doute pourtant, qu’une réaction rapide du président sera prise afin que les quelques millions d’euros généreusement offerts par le contribuable ne finissent dans les caisses de l’Empire de la casse sociale et environnementale . Des centaines de salariés l’espèrent.