Selon les résultats « comptabilisés au soir du 4 octobre et validés par les comités locaux et départementaux », insistent-ils pour pointer le sérieux de la procédure, 2 123 717 citoyens ont émis un vote valide dans l’un des 10 000 bureaux installés sur tout le territoire français ; 31 701 d’entre eux (1,49 %) ont approuvé le changement de statut de La Poste et 2 101 040 (98,51 %) ont rejeté la transformation de La Poste en société anonyme.

Le Comité national veut voir Sarkozy

Fort de cette première victoire, le Comité national considère que « la mobilisation conjuguée des postiers, des usagers et des élus conditionne la mise en échec du projet gouvernemental ». Pour la gauche et les syndicats organisateurs de la votation citoyenne, « le président de la République et son gouvernement doivent entendre ce verdict sans appel et renoncer définitivement à cette loi. La Poste appartient à toutes et à tous, aucune modification du statut de La Poste ne peut se faire sans l’organisation d’un référendum ».

Et Nicolas Galepides, une des chevilles ouvrières du comité, d’insister devant la presse : « Ce projet est inepte. Il doit être retiré pour que nous puissions débattre publiquement de l’avenir de La Poste. Le résultat de la votation démontre que c’est l’affaire de tous, nous voulons avoir les vrais interlocuteurs autour de la table, et pas seulement la direction de La Poste. Le service public, cela concerne les gens qui s’occupent de l’aménagement du territoire, du social, de l’économie et de plein d’autres encore… »

Dès aujourd’hui, les comités locaux sont invités à rencontrer les sénateurs et les députés de leurs départements pour exiger le retrait du projet de loi, et à communiquer officiellement les résultats de la votation aux préfectures. De son côté, refusant d’entrer dans le bal des petites phrases avec les seconds couteaux de la majorité présidentielle, le Conseil national demande à être reçu par Nicolas Sarkozy qui, hier matin, au cours de son discours sur les PME, s’est bien gardé de réagir directement à la votation citoyenne, ainsi que par les présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale.

« Si le gouvernement veut croire qu’il y a tromperie sur le résultat de cette votation exceptionnelle, il a un moyen très simple de lever le malentendu, c’est d’organiser une consultation sur l’avenir de La Poste sans tergiverser », fait observer Pierre Laurent, coordinateur national du PCF. « Si le gouvernement n’organise pas un référendum, nous le mettrons au défi de regarder le résultat de la prochaine votation, déclare Benoît Hamon, porte-parole du PS. Vous verrez qu’on doublera les résultats, au minimum ! »

Passage en force au Sénat

Il y a urgence, en fait, car derrière les gesticulations visant à discréditer l’initiative et la grossière manoeuvre de Bernard Accoyer, président UMP de l’Assemblée nationale, qui promet d’examiner le texte nécessaire à la mise en oeuvre du référendum d’initiative populaire « avant juin 2010 » - soit bien après l’adoption voulue par la droite du projet de loi sur La Poste -, le gouvernement tente désormais un réel passage en force. Hier après-midi, Henri de Raincourt, ministre chargé des Relations avec le Parlement, a annoncé que le projet de loi sur le changement de statut de La Poste, qui n’était pas encore inscrit à du jour, serait examiné dès la semaine du 2 novembre prochain au Sénat.

Selon le ministre, il pourrait ensuite arriver à l’Assemblée nationale dans la semaine du 14 décembre. Ce calendrier, présenté comme purement technique, masque mal un véritable déni de démocratie. Président du groupe socialiste au Sénat, Jean-Pierre Bel pose l’exigence du « retrait du texte ». Le groupe communiste, républicain, citoyen et Parti de gauche promet de relayer cette « mobilisation populaire salutaire » par le biais d’une motion référendaire sur l’avenir de La Poste.