Municipales. Après 26 ans, Carcassonne bascule à gauche
Par Régis TRILLES le lundi 14 septembre 2009, 14:27 - "Faire exister la gauche!" - Lien permanent
Historique, hier soir Jean-Claude Pérez a remporté le deuxième tour des municipales avec 54,03 % des suffrages exprimés.
L'annulation du scrutin pour des « manœuvres » liées aux fausses procurations aura donc été fatale à la droite qui gouvernait la ville préfecture depuis mars 1983. En perdant en route la bagatelle de 2 354 voix entre mars 2008 et ce 13 septembre 2009, le sortant Gérard Larrat apparaît comme le principal artisan de sa propre défaite. Comme si cette élection c'était davantage jouée sur un mot d'ordre «anti Larrat», plutôt que sur une forte conviction à gauche pour le changement. Même s'il convient de ne surtout pas sous estimer l'énorme campagne de terrain menée par Jean-Claude Pérez et ses troupes. N'oublions pas que la gauche s'est mise au boulot dès le lendemain du deuxième tour de mars 2008, sans ne jamais rien lâcher depuis.
Dans tous les cas, il fallait sans doute un tel écart pour que la ville retrouve sa sérénité après avoir traversé des mois et des mois de turbulences dans un climat parfois extrêmement tendu. Cette fois, l'élection de Pérez ne souffre d'aucune contestation possible.
Même la présidente départementale de l'UMP le reconnait. Hier soir, par le biais d'un communiqué, Isabelle Chésa déclarait : «Le verdict est tombé et l'ampleur de la défaite illustre les craintes que j'avais émises et que personnes n'a entendues, même dans mon parti. Ce ne sont pas Jean-Claude Pérez et le PS qui ont gagné le ville, c'est Gérard Larrat qui la leur a livré clé en main. C'est Gérard Larrat que les Carcassonnais n'ont pas voulu. Alors ce soir je déclare prendre la responsabilité de la bataille pour la reconquête».
Voilà qui est clair, mais face à «l'ampleur de la défaite» justement, quelque chose nous dit que Pérez et les siens ne sont pas prêts de lâcher une ville qui tournait le dos à la gauche depuis 26 ans.
Hier soir, la fête populaire organisée place Carnot avec orchestre et fanfare a fêté son nouveau maire et lancé une nouvelle ère de Carcassonne avec la chanson tube de l'automne : «On a gagné, on a gagné...» Quant au maire sortant Gérard Larrat il s'accorde quelques jours de réflexion pour se déterminer sur son avenir politique... Mais à 67 ans on le voit mal siéger au premier rang de l'opposition...
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