C'est une volonté très nette de changement que les électeurs carcassonnais ont exprimé hier soir à l'occasion du premier tour de ces municipales dont la participation a certes été loin d'atteindre les sommets, mais n'est finalement que de dix points en retrait par rapport au premier tour de mars 2008 (57 % cette fois, contre 67 % il y a un an et demi).

En plaçant la liste de Jean-Claude Pérez (Gauche unie) très largement en tête avec près de 46 % des voix (45,91 %), et en laissant celle de Gérard Larrat (UMP) en dessous de la barre symbolique des 40 % (39,65 %), les urnes ont accentué fortement le résultat qui était annoncé dans les sondages effectués à une dizaine de jours de l'échéance.
Pérez en tête sur 29 bureaux

Cette victoire, le député PS l'a acquise d'abord par ses scores très élevés sur les bureaux de vote traditionnellement à gauche. Dans sept bureaux en effet, Jean-Claude Pérez passe la barre des 50 %. C'est le cas dans les quartiers populaires du Viguier (plus de 57 % à l'Age d'Or) et de La Conte, où il fait son meilleur score avec 57,38 %.

Mais la progression du député ne s'arrête pas là, puisqu'il réussit à virer en tête sur 29 bureaux de vote de la ville, alors que le maire sortant ne le devance que dans 8 bureaux (tous situés dans le canton centre), et qu'un bureau les donne à égalité parfaite, celui de Grèzes.

La défaite infligée à Gérard Larrat s'explique très certainement par les conditions de l'annulation de l'élection, qui ont fait réfléchir un petit tiers de l'électorat (selon notre sondage). Mais elle prend aussi sa source dans la rupture avec Isabelle Chésa, ce qui se retrouve de manière évidente au bureau de vote de La Trivalle, fief de la famille de l'ancien maire Raymond Chésa. Jean-Claude Pérez y réalise certainement le plus gros score de la gauche à ce jour, avec près de 49 % des voix contre un peu plus de 36 % au maire sortant.

Vote bipolaire

Dans ce contexte, qui a polarisé le vote sur les deux principaux candidats, les trois autres listes ont bien souffert. A commencer par celle du MoDem : le tandem Posocco-Aribaud reste bien en deçà des sondages et se hisse péniblement à 3,43 %. Robert Morio (FN), qui pensait accrocher le second tour, progresse certes par rapport à 2008, mais franchit péniblement les 5 %. Et la liste des Verts de Gilles Entajan, ne surfe pas sur la vague des Européennes (plus de 12 % à Carcassonne) et ne récolte que 5,42 %.

Il est toujours dangereux d'anticiper sur un second tour. Mais avec une telle avance, on peut risquer l'euphémisme : Jean-Claude Pérez a pris hier soir une sérieuse option sur la mairie de Carcassonne.