Installée au pouvoir depuis 1983 à Carcassonne (Aude), la droite aborde oppressée le scrutin partiel de dimanche. L’élection de mars 2008, annulée par le Conseil d’État en mai dernier, avait sonné l’alerte : La liste UMP de Gérard Larrat devançait alors de 52 voix seulement celle du socialiste Jean-Claude Pérez, à la tête d’une coalition PS-PCF-PRG. Un sondage BVA, réalisé du 31 août au 1er septembre pour la Dépêche du midi, donne désormais un avantage significatif à la gauche pour les scrutins qui vont se tenir les 6 et 13 septembre prochains. Avec 41 % des voix, Jean-Claude Pérez arriverait 3 points devant son adversaire au premier tour, selon l’étude, qui lui prédit une victoire avec 52 % des voix au second tour contre 48 % au candidat UMP. Les listes Modem (8 %), Verts (6 %) et FN (7 %) n’obtenant pas, selon l’institut, les suffrages suffisants pour se maintenir au-delà du premier tour.

« Je suis grandement étonné de la répartition des votes des femmes (44 % d’intentions en faveur de Jean-Claude Pérez, 38 % en faveur de Gérard Larrat) , qui ont toujours été majoritairement avec nous, et des retraités (47 % contre 28 %) , avec lesquels nous travaillons en permanence », confiait mercredi Gérard Larrat à nos confrères de la Dépêche. Pour Henry Garino, chef de file des communistes sur la liste de gauche, la défection de cette partie de l’électorat n’aurait rien de surprenant : « Les retraités, notamment, ont été particulièrement choqués par les fraudes », explique-t-il.

Le Conseil d’État avait retenu « comme une manœuvre l’inscription ou le maintien de l’inscription sur la liste électorale » de personnes n’habitant plus la ville et s’était ému de l’augmentation irrationnelle du nombre de procurations entre le premier et le second tour (de 633 au premier contre 1 033 au second). Loin d’un acte isolé, l’ancienne municipalité aurait alors érigé en système la fraude électorale.

« Gratuité des transports urbains dans la communauté d’agglomération ; remise en régie directe de la restauration scolaire, remunicipalisation de l’eau et de l’assainissement, doublement des places de crèches… », pour Henry Garino, c’est « un vrai programme de gauche » qui est proposé aux citoyens audois. De quoi « guérir la plaie du clientélisme », estime encore le vice-président de la région Languedoc-Roussillon. « Cela fait plusieurs mois qu’au travers de notre campagne de proximité, on sent un souffle », commente le socialiste Jean-Claude Pérez.

Portera-t-il la gauche à la victoire les 6 et 13 septembre ?