+332 000 chômeurs au premier semestre 2009 !
Par Régis TRILLES le dimanche 22 mars 2009, 17:41 - France d'après - Lien permanent
Selon la note de conjoncture publiée par l’Insee, la France devrait s’enfoncer un peu plus dans la récession. L’activité reculera de 1,5% au premier trimestre 2009 et 0,6% au second trimestre. Alors que Christine Lagarde, ministre de l’économie et Jean-Claude Trichet, gouverneur de la banque centrale européenne, ont annoncé la reprise pour 2010, espérant peut-être provoquer un illusoire « choc de confiance », l’Institut national des statistiques et des études économiques (INSEE) a de son côté annoncé des prévisions de croissance encore plus sombre pour le premier semestre 2009.
Selon ses estimations, la France accuserait un recul d’activité de 1,5% au premier trimestre, supérieur à celui du quatrième trimestre 2008 (-1,2%). Au second trimestre, le recul serait moins marqué et s’établirait à -0,6%, une amélioration liée aux différentes mesures de relance prises par le gouvernement Obama et par le gouvernement Allemand et Anglais. Pour le plan français, l’Insee estime que son impact ne représenterait qu’un dixième de point de PIB sur le premier trimestre France. Dérisoire.
Au final, si le troisième et le quatrième trimestre étaient nuls, le recul de l’activité s’établirait à -2,9% cette année. Lors de sa conférence de presse, l’institut a écarté « toute précisions sur ce qui pourrait ce produire au second semestre », a précisé Eric Dubois, chef du département de la conjoncture à l’Institut national de la statistique et des études économiques. « Pour le troisième trimestre, nous espérons une croissance positive mais cela ne vaut pas engagement ni même prévision », a-t-il ajouté.
Une crise dévastatrice
La France poursuit sa descente vers les abysses de la récession. Une fois de plus, le climat des affaires continue de se dégrader et atteint des niveaux historiquement bas, la production tourne au ralentit, les investissements des entreprises sont gelés, la crise financière se poursuit et rend les conditions d’accès au crédit très difficile. Quant à la consommation des ménages, après un rebond surprise lors du dernier trimestre 2008, elle devrait quasi-stagner au premier semestre. Et ce malgré la décélération des prix.
Les français inquiets pour leur avenir et conscient que leur pouvoir d’achat va baisser adoptent un comportement de prudence. Ils épargneraient plus, consommeraient moins et réduiraient leur dépenses d’investissement en logement. Résultat, l’emploi trinque. De Janvier à Mai, l’Insee estime que les pertes d’emplois seront de 332 000. C’est ce que prévoyait le gouvernement pour l’ensemble de l’année !
Pour comparaison, il y avait eu 170 000 suppressions d’emplois au premier semestre 1993. Après l’industrie qui détruirait 140 000 emplois au premier semestre, le secteur de la construction et celui de l’intérim viendraient à leur tour gonfler les chiffres du chômage. Ainsi, le taux de chômage s’établirait à 8,8% à la moitié de l’année.
De son côté, l'assurance chômage prévoit entre 375.000 et 454.000 chômeurs supplémentaires en France en 2009, selon deux nouveaux scénarios examinés mercredi et fondés sur des hypothèses de recul du PIB de respectivement 1,5% et 1,8%, ont annoncé des sources syndicales. Le gouvernement table actuellement sur la première hypothèse alors que la Commission européenne penche en faveur de la seconde.
Le 11 février, l'assurance chômage avait déjà publié une prévision assombrie, mais pas aussi noire, en tablant sur 282.000 demandeurs d'emploi supplémentaires dans l'hypothèse d'un recul du PIB limité à 1% en 2009. Selon les deux nouveaux scénarios, examinés par le patronat et les syndicats lors d'une réunion du bureau de l'Unedic et obtenus de sources syndicales, l'économie française va détruire encore davantage d'emplois salariés qu'elle n'en créera, entre 354.000 et 436.000 en 2009.
Compte tenu des nouveaux entrants sur le marché du travail, cela aboutirait à une augmentation du nombre de chômeurs entre 375.000 et 454.000, après une hausse de 217.000 en 2008 (à 2,114 millions fin décembre) des inscrits au chômage en catégorie 1, servant de baromètre officiel. Selon une source syndicale, les deux nouveaux scénarios n'ont pas été formellement "actés", le bureau préférant "attendre avril pour prendre en compte la situation de mars, où nous constatons sur les dix premiers jours une forte dégradation" de la situation de l'emploi.
Le président de l'Unedic, Geoffroy Roux de Bézieux (Medef), qui a tenu une conférence de presse à l'issue du bureau, n'a pour sa part pas voulu donner de chiffre. "Cela reste à ce stade des scénarios n'ayant rien d'officiel", a-t-il déclaré en réponse aux questions. L'Unedic ne cesse depuis des mois de voir s'assombrir les perspectives de l'emploi, qui réduisent les rentrées de cotisations et augmentent les dépenses d'indemnisation chômage.
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