Le statut du beau parent : un leurre !
Par Régis TRILLES le jeudi 5 mars 2009, 11:19 - Justice - Lien permanent
Alors que la polémique enfle au sein du gouvernement à propos du projet de loi relatif aux droits des beaux-parents, une simple analyse de celui-ci montre qu'il s'agit là d'un pur effet d'annonce. Ce projet présenté comme une avancée est leurre, il n'institue en effet aucun statut du second parent. Il s'agit d'une nouvelle réforme de l'autorité parentale présentée comme instituant un statut du beau-parent.
Allons y voir de plus prêt car la lecture de ce texte montre tout à fait autre chose et confirme ce que l'on avait pressenti à l'annonce faite par le Président : il s'agit là d'un pur effet d'annonce qui tombe fort opportunément quelques semaines après la décision désastreuse du président du Conseil général du jura refusant pour la seconde fois un agrément à une femme, en raison de son orientation sexuelle.
Allons y voir de plus prêt car la lecture de ce texte montre tout à fait autre chose et confirme ce que l'on avait pressenti à l'annonce faite par le Président : il s'agit là d'un pur effet d'annonce qui tombe fort opportunément quelques semaines après la décision désastreuse du président du Conseil général du jura refusant pour la seconde fois un agrément à une femme, en raison de son orientation sexuelle.
Mais revenons à cet avant projet.
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Petit rappel historique : en 2002 les règles relatives à l'autorité parentale ont été modifiées et notamment les règles relatives à la délégation partage de l'autorité parentale gouvernées par les deux articles suivants
L'article 377 alinéa 1 dispose que : « Les père et mère ensemble ou séparément peuvent lorsque les circonstances l'exigent, saisir le juge en vue de voir déléguer tout ou partie de l'exercice de l'autorité parentale à un tiers, membre de famille, proche digne de confiance, établissement agrée pour le recueil des enfants ou service départemental de l'aide sociale à l'enfance ». -
L'article 377-1 dispose en son alinéa 2 : « Toutefois le jugement de délégation peut prévoir pour les besoins de l'éducation de l'enfant que les père et mère ou l'un d'eux partageront tout ou partie de l'exercice de l'autorité parentale avec le tiers délégataire ».
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Déjà en 2002, les travaux parlementaires indiquaient expressément que cette délégation-partage de l'autorité parentale faite volontairement par le ou les parents (car il y a des délégations forcées mais ce n'est pas notre sujet) avait pour objet notamment de permettre à un beau-parent, c'est-à-dire à la personne qui n'est pas le parent biologique de l'enfant de « bénéficier d'un statut juridique au sein des familles » (Rapport de l'Assemblée nationale sur l'autorité parentale en date du 13 juin 2001, N°3117, p 41 et s).
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Durant 4 ans, les décisions rendues par les juridictions sur la base de ces deux textes ont été fluctuantes (il s'agissait notamment de savoir si ces textes pouvaient s'appliquer aux familles homoparentales, notons qu'aucune décision concernant une famille hétéroparentale n'a été publiée dans les revues spécialisées), entraînant une insécurité juridique pour le justiciable et partant de là, portant atteinte au principe d'égalité de traitement devant la Loi.
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La Cour de cassation a finalement été saisie et dans un arrêt de principe rendu 24 février 2006 a jugé clairement que: « Attendu que l'article 377 alinéa 1er du code civil ne s'oppose pas à ce qu'une mère, seule titulaire de l'autorité parentale en délègue tout ou partie de l'exercice à la femme avec laquelle elle vit en union stable et continue, dès lors que les circonstances l'exigent et que la mesure est conforme à l'intérêt de l'enfant ».
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La situation actuelle : on peut dire que depuis cet arrêt, les juridictions accueillent favorablement les requêtes en considérant le plus souvent que, lorsqu'un enfant qui a été souhaité par une femme vivant avec une femme ou un homme vivant avec un homme, cette seule circonstance suffit a rendre nécessaire la délégation partage de l'autorité parentale (CA Paris 26 mai 2006- AJfamille 2008, p 333, TGI Lille 11 décembre 2007- AJFamille 2008 p 119, TGI Lille 18 décembre 2007- Droit de la famille avril 2008, p 20, Cassation 16 avril 2008 - AJFamille 2008 p 84, TGI Grenoble 28 janvier 2008, AJfamille 2008, p 476).
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Qu'apporterait l'avant projet de loi ? Nous devons à la vérité de dire RIEN : si ce n'est une modification de procédure.
Le partage de l'autorité parentale, qui se fait aujourd'hui par le dépôt d'une requête devant le JAF, qui vérifie le consentement des parties et s'assure que la demande est faite dans l'intérêt de l'enfant, se fera par le dépôt devant le JAF d'une convention conclue entre les parties, le JAF homologuera cette convention si le consentements des parties est éclairé et si c'est l'intérêt de l'enfant.
Commentaires
Le statut du beau parent et l' article 371-4
Les enfants victimes du divorce devenus parents risquent par ce statut du beau parent être impliqués à leur dépens au travers de leurs propres enfants, certains beaux parents indélicats n'hésiterons pas à revendiquer un droit de visite et d' hébergement (article 371-4 élargi au tiers) sur les "beaux petits enfants" étant confortés par ce statut à les considérer comme tels.
Certains beaux parents ont contribué par le passé à bafouer les droits de relation des beaux enfants avec le parent exclu, le plus souvent le père ainsi que la famille paternelle.
Exagérons un petit peu.
Suite à leur séparation la mère ayant pu avoir 3 compagnons s' étant bien occupés de l' enfant, de son côté le père 3 compagnes s' étant bien comportées également, considérons que cet enfant qui a déjà été tenu de conserver des liens avec chacun de ses 6 beaux parents (article 371-4 élargi au tiers) avant sa majorité sera à la merci du bon vouloir de ses nombreux beaux parents le jour où il deviendra parent à son tour, ces beaux parents considérant les enfants du beau enfant être leurs "beaux petits enfants" et de réclamer au même titre que les grands parents un droit de visite et d' hébergement de 10 jours chacun par an.
10 jours X 8 = 80 jours
Si l' on rajoute les arrières grands parents des enfants qui ont divorcé aussi.
10 jours X 4 = 40 jours
Sachant que les 2 jeunes parents sont issus de familles recomposées du même type, nous arrivons au total suivant.
80 jours + 40 jours X 2 = 240 jours
Que resterait-il aux enfants du divorce devenus parents comme temps pour disposer de leurs propres enfants aprés avoir subit les affres du divorce durant leur enfance ?
Bien sur ce cas de figure peut sembler excessif mais pas impossible dans l' absolu.
Si suite à toutes ces contraintes à venir causées par ce statut du beau parent ce jeune couple reste uni celà relève du miracle.
NON à ce statut du beau parent descriminatoire envers les enfants issus du divorce.
OUI à un statut de l' enfant du divorce devenu adulte victime actuellement des articles 371-4 et 918 où il ne se trouve pas traité en égalité de droit par rapport à ceux issus des familles unies.
Il est à déplorer également que dans toutes les commissions mises en place pour discuter de projets concernant au plus haut point les enfants du divorce, ceux-ci sont les seuls à ne jamais être représentés dans les débats, pourtant un trés grand nombre d' entre eux ont largement dépassé l' âge de la majorité et pourraient apporter un avis éclairé empreint de vécu.
Un enfant victime du divorce et de la séparation de ses parents depuis plus d' un demi- siècle.
Pour plus d' informations, je vous invite à consulter le site www.lodd.fr