Le régime d’assurance chômage va donc devoir indemniser plus de chômeurs. Or, l’état des finances du système est un des points de polémique de la négociation intervenue en décembre, accord lui-même problématique puisque signé par la seule CFDT mais que le gouvernement s’apprête tout de même à agréer.

En 2008, le régime d’assurance chômage était excédentaire de 4,6 milliards d’euros. Ces chiffres ont donné le tournis au patronat qui, sous la houlette du MEDEF, n’a cessé d’exiger, et a obtenu, d’inscrire dans le principe de fonctionnement du système, une baisse automatique des cotisations en cas d’excédent financier. C’est pour l’essentiel cette mesure qui a conduit la CFTC et la CFE-CGC, d’habitude signataires, à ne pas apposer cette fois-ci leur paraphe sur l’accord.

L’argument des opposants, aujourd’hui vérifié, consiste à dire qu’avec la crise, le chômage va augmenter et qu’il ne faut donc pas réduire les ressources du système. La nouvelle convention assurance chômage ouvre la voie à une baisse des cotisations dès le 1er juillet 2009 si le régime dégage un excédent semestriel d’au moins 500 millions d’euros.

Cela sera le cas. Avant d’accuser, en 2010, un déficit de 1,62 milliard d’euros, le régime devrait rester positif de 912 millions d’euros en 2009. Sentant le vent de la polémique gonfler, Geoffroy Rouz de Bézieux a pris les devants, précisant qu’il n’y avait pas, dans l’hypothèse présentée, « de baisse de cotisation ».