Dans une délibération datée du 27 octobre, la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité fait état de « nombreuses réclamations de pères de famille ayant élevé seuls leurs enfants ».

Or seulement les mères dans ce cas bénéficient d’une bonification de deux ans d’assurance vieillesse par enfant, ce qui leur permet de partir plus tôt en retraite. La HALDE considère qu’il s’agit d’une « discrimination liée au sexe ». Loin de remédier à la situation en étendant aux hommes l’avantage acquis, le COR choisit un

alignement pas le bas. La pirouette consiste à faire disparaître un avantage acquis pour avoir élevé seul son ou ses enfants et à n’accorder qu’un an de bonification aux seules femmes au titre de l’accouchement et d’une interruption courte d’activité.

La proposition, dont le COR précise qu’il ne s’agit que d’une proposition, suscite déjà la polémique. Le sujet est

d’autant plus sensible que les femmes sont déjà les grandes perdantes des réformes de 1993 et 2003. Elles constituent moins de droits personnels à la retraite en raison d’une activité plus souvent interrompue pour des raisons liées à la naissance et à l’éducation des enfants.

En outre, elles travaillent bien plus souvent que les hommes à temps partiel. Ces facteurs se combinent aux inégalités salariales et aux carrières professionnelles qui progressent moins vite.

Résultat, la moitié des femmes partant en retraite dans le régime général doivent vivre avec le minimum vieillesse. Elles constituent 75 % des bénéficiaires de ce minimum.

Si la préconisation du COR est acceptée, elles seront doublement victimes puisqu’un amendement au projet de loi de finance adopté au Sénat vient de leur supprimer la demi-part fiscale une fois les enfants élevés.