Retraites. Travailler jusqu'à 70 ans…
Par Régis TRILLES le dimanche 2 novembre 2008, 15:03 - Economie - Lien permanent
Les députés ont adopté une disposition permettant à tous les salariés de plus de 65 ans de poursuivre, s’ils le veulent, leur activité « dans la limite de 5 années ». Le PCF, le PS, les Verts et la CGT dénoncent la mesure. Les salariés pourront continuer à travailler jusqu’à 70 ans, si une mesure votée dans la nuit de vendredi à samedi par les députés, et critiquée par la CGT et l’opposition, est définitivement adoptée par le Parlement.
Suivant l’avis de sa commission des affaires sociales, l’Assemblée a estimé que "cette suppression pure et simple de la procédure de mise à la retraite" pourrait causer des "difficultés pour les entreprises", et a jugé préférable de repousser l’âge limite de départ à 70 ans.
Les députés ont donc voté un amendement qui laisse "la possibilité aux salariés qui le souhaitent de prolonger leur activité au-delà de 65 ans sous réserve d’en avoir préalablement manifesté l’intention auprès de leur employeur et dans la limite de cinq années".
Avant qu’un salarié n’atteigne 65 ans, l’employeur l’interrogera sur son intention de partir volontairement à la retraite. En cas de réponse négative, ou si l’entreprise a omis de l’interroger, elle n’aura pas le droit de le mettre à la retraite d’office. La procédure se répétera "les quatre années suivantes", donc jusqu’à 70 ans.
Selon l’auteur de l’amendement, Denis Jacquat (UMP), "il n’est plus acceptable aujourd’hui qu’un homme ou une femme âgé de 65 ans soit mis à la retraite contre son gré, du seul fait de son âge, alors même qu’il n’a pas forcément toutes ses annuités d’assurance ou qu’il souhaiterait prolonger son activité pour améliorer sa pension".
"L’âge de la retraite est insidieusement repoussé à 70 ans", s’est indignée en séance Martine Billard (Verts). Mariesol Touriane (PS) a accusé le gouvernement d’utiliser "tous les moyens pour reculer l’âge des départs en retraite et amener les salariés à travailler le plus longtemps possible".
Le PCF a fustigé dans un communiqué, un "scandale" et un "pseudo-volontariat", "comme si les retraités qui vivent aujourd’hui si nombreux sous le seuil de pauvreté (…) pouvaient avoir le choix".
La CGT a estimé que ce texte suscitait "une légitime inquiétude" même s’il "ne modifie pas pour le moment les repères de 60 et 65 ans en matière de retraites".
"Cette mesure traduit bien la réalité d’aujourd’hui : de moins en moins de salariés auront la totalité de leurs droits à 60 ans et une retraite suffisante à 65 ans. Ils devront donc chercher à poursuivre leur travail voire à cumuler emploi et retraite", a déclaré à l’AFP Jean-Christophe Le Duigou, secrétaire confédéral de la CGT.
Ce vote est intervenu en même temps que l’adoption d’un amendement repoussant à 65 ans l’âge limite d’activité en vol des personnels navigants de l’aviation civile, contre 55 ans actuellement pour les hôtesses et stewards, et 60 ans pour les pilotes.
Cette dernière mesure a suscité, de la part de huit syndicats de navigants d’Air France, un appel à une grève, d’abord prévue pour la semaine prochaine, puis repoussée à début décembre, pour, selon un syndicaliste, "mettre la pression" sur le Sénat.
Dans les prochaines semaines, celui-ci doit examiner à son tour le PLFSS, qui sera voté dans son ensemble mardi par l’Assemblée, et donc débattre de ces dispositions sur les retraites.
Commentaires
Encore heureux qu'ils n'ont pas la Bible comme livre de chevet, imaginez que ces députés s'appuient sur le récit de la vie de Mathusalem, quelle loi nous auraient-ils voté ?