Les ultras de l’UMP veulent achever l’ISF
Par Régis TRILLES le lundi 27 octobre 2008, 11:41 - France d'après - Lien permanent
A l’occasion du débat budgétaire, quelques députés de droite ont défendu avec acharnement la démolition de l’impôt sur la fortune, jeudi soir, dans l’Hémicycle.La crise ne les arrête pas. Au contraire : ils trouvent en elle de nouveaux prétextes pour redoubler d’attaques contre l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Cet impôt, qui touche 550 000 foyers fiscaux en 2008 (+ 5,6 %) rapporte à l’État 3,92 milliards d’euros. Jeudi soir, quelques députés UMP, souverainistes et sarkozystes mêlés, ont défendu une rafale d’amendements dans le débat budgétaire pour exonérer le capital de toute contribution à la solidarité nationale.
Son rejet, à la demande du gouvernement, n’a pas découragé les ultras de l’UMP. Toute une liasse d’amendements dits « de repli », qui vide de sa substance l’ISF, ont été défendus. Exonération de la résidence principale pour Lionnel Luca, pour qui « l’ISF porte atteinte au droit de propriété », ainsi que pour 32 députés signataires d’un amendement similaire. Des amendements proposaient aussi, de rehausser le barème de l’ISF (à partir de 1 million d’euros, au lieu de 760 000 euros actuellement) et d’en abaisser le taux, ou encore de réduire les délais de prescription en cas d’« omission de déclaration » (sic)…
Certains ont défendu l’élargissement des exonérations votées par la droite ces dernières années, pour les investissements dans les PME, de 50 000 euros actuellement à 75 000 (Claude Goasguen), voire 100 000 (Jean-Michel Fourgous) ou 150 000 euros (Myard). « Pourquoi augmenter toujours plus ces plafonds ? », s’est agacé le ministre du Budget, Éric Woerth. En réalité, la réponse est simple : faute d’obtenir la suppression de l’ISF sur un plateau, l’UMP agit par touches successives pour le vider de l’intérieur… Mais surtout, les ultras ont obtenu ce qu’ils cherchaient : l’engagement, dixit Éric Woerth, de « remettre à plat » cet impôt d’ici quelques années.
En face, les députés communistes ont défendu souvent seuls une logique inverse, proposant sans succès de réintégrer les biens professionnels et les oeuvres d’art dans l’assiette de l’ISF, l’abrogation des diverses exonérations, et de le majorer pour « dégager des ressources pour un plan de relance de l’emploi ».
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