Au total, une vingtaine ont été déposés. Jacques Myard, surtout connu pour ses positions europhobes, a été le plus radical dans ce combat. « À l’heure d’une tourmente financière sans pareille depuis 1930 », l’ISF « fonctionne comme un formidable levier pour chasser de France les capitaux, le savoir-faire et la richesse », explique l’amendement de Jacques Myard. « Il faut donc aller au-delà des aménagements qui ont été apportés, notamment par la loi TEPA (qui instaure le paquet fiscal - NDLR) pour adopter la suppression totale de cet impôt. »

Son rejet, à la demande du gouvernement, n’a pas découragé les ultras de l’UMP. Toute une liasse d’amendements dits « de repli », qui vide de sa substance l’ISF, ont été défendus. Exonération de la résidence principale pour Lionnel Luca, pour qui « l’ISF porte atteinte au droit de propriété », ainsi que pour 32 députés signataires d’un amendement similaire. Des amendements proposaient aussi, de rehausser le barème de l’ISF (à partir de 1 million d’euros, au lieu de 760 000 euros actuellement) et d’en abaisser le taux, ou encore de réduire les délais de prescription en cas d’« omission de déclaration » (sic)…

Certains ont défendu l’élargissement des exonérations votées par la droite ces dernières années, pour les investissements dans les PME, de 50 000 euros actuellement à 75 000 (Claude Goasguen), voire 100 000 (Jean-Michel Fourgous) ou 150 000 euros (Myard). « Pourquoi augmenter toujours plus ces plafonds ? », s’est agacé le ministre du Budget, Éric Woerth. En réalité, la réponse est simple : faute d’obtenir la suppression de l’ISF sur un plateau, l’UMP agit par touches successives pour le vider de l’intérieur… Mais surtout, les ultras ont obtenu ce qu’ils cherchaient : l’engagement, dixit Éric Woerth, de « remettre à plat » cet impôt d’ici quelques années.

En face, les députés communistes ont défendu souvent seuls une logique inverse, proposant sans succès de réintégrer les biens professionnels et les oeuvres d’art dans l’assiette de l’ISF, l’abrogation des diverses exonérations, et de le majorer pour « dégager des ressources pour un plan de relance de l’emploi ».