Les initiateurs du projet se fixaient pour objectif d’avoir 1.000 écoles impliquées ce vendredi soir. Ils semblent avoir relevé ce défi au pouvoir.

Le principe : "amener sa bonne humeur, duvets, oreillers, pyjamas et doudous", "débattre", "informer" et "s’endormir en rêvant à une rentrée prochaine où les programmes seraient construits avec les professionnels de l’éducation, le rythme scolaire adapté aux enfants, les élèves en difficultés seraient aidés par du personnel spécialisé sur le temps scolaire".

Il s’agissait d’une "soirée pour informer sur les dangers (et vices cachés) des mesures Darcos", écrit le collectif qui cite les "nouveaux programmes" du primaire pour la rentrée, la "réorganisation de la semaine scolaire" avec notamment la suppression du samedi matin, les "suppressions de postes"…
Le collectif à l'origine de l'événement, "citoyen" et "indépendant des syndicats", dénombrait vendredi l'inscription de "650 écoles publiques et privées de 56 départements" de métropole et d'outre-mer, a indiqué un de ses membres à l'AFP. Il tablait à l'origine sur 1.000 écoles.
 Duvets, pyjamas et doudous
Le plus grand nombre d'écoles mobilisées se trouve en Loire-Atlantique (194 en tout), d'où est partie l'initiative, et dans le nord-est de Paris (10e, 18e, 19e et 20e arrondissements).
Selon un enseignant du collectif, la mobilisation en Loire-Atlantique s'explique par le fait que "de nombreuses réunions d'informations instituteurs/parents se sont tenues au long de l'année".
A Paris dans le 10e arrondissement, en début de soirée, un pique-nique se déroulait à l'école maternelle Aqueduc, où une banderole disait "Ecole en danger. Instits et parents solidaires".
"Il y a une trentaine d'adultes dont quatre instits, une vingtaine d'enfants qui jouent dans la cour. Quelques uns d'entre nous vont peut-être rester dormir, mais la plupart vont passer la soirée", témoignait une parent d'élève, Marine Zilber, surtout inquiète des "nouveaux programmes" du primaire.
Outre ces programmes, les mesures les plus critiquées sont la "réorganisation de la semaine scolaire" avec la suppression du samedi matin et les "suppressions de postes".
"Fichage" des enfants
Dans des communiqués, certains parents dénoncent aussi "la stigmatisation des élèves en difficulté" ou encore le "fichage" des enfants par le logiciel appelé "base élèves", une base de données informatiques sur les élèves de primaire, en cours d'expérimentation et qui doit être généralisée en 2009.


A ce sujet, le ministre de l'Education Xavier Darcos a décidé jeudi d'expurger la base de certaines données à caractère social, familial et scolaire, une annonce vue comme un premier "recul" par certains parents.
"Apéro dînatoire", "débat dansant", "visionnage festif du match France-Pays-Bas", répétition de spectacle de fin d'année: la soirée s'annonçait festive dans de nombreux cas.
L'opération est soutenue par la fédération de parents FCPE et le SNUipp-FSU, premier syndicat des professeurs des écoles.
Dans la capitale, des écoles sont déjà "occupées" en journée depuis plusieurs jours, pour certaines depuis le 15 mai, par des parents qui dénoncent de possibles suppressions de postes, de soutien en lecture et d'initiation pour les non-francophones.
Deux de ces postes risquent d'être supprimés à l'école Davout du 20ème arrondissement, classée en ZEP, où le maire PS de Paris Bertrand Delanoë s'est rendu vendredi après-midi. "Il y a quelque chose qui réussit et qu'on est en train de fiche par terre", a-t-il estimé.