Le taux de chômage, établit à 7,2%, qui correspond à une baisse de 1,2 point sur un an, porterait à deux millions le nombre de chômeurs en France métropolitaine.

Le taux de chômage en baisse ?

Selon les chiffres du gouvernement, pour les moins de 25 ans, le taux de chômage aurait encore reculé tout en restant plus de deux fois supérieur à celui des 25-49 ans. En métropole, il aurait atteint 17,2% contre 21,1% au premier trimestre 2007.

Le chômage a aussi décliné pour les 25-49 ans, passant à 6,6% en métropole au premier trimestre au lieu de 7,5%, il y a un an.

Enfin, pour les 50 ans ou plus, le taux de chômage s’est établi en repli à 4,7% en métropole alors qu’il était de 5,9%, l’année précédente.

Ce discours, actuellement "sarkozyste", qui ne prend en compte que les aspects arithmétiques du chômage semble néanmoins fortement réducteur.

En effet, cette baisse du nombre de chômeurs traduit dans un premier temps, des modifications démographiques importantes liées aux départs en retraite de la génération des "baby-boomers" devenus des "papy-boomers". Ceci n’explique pas tout, mais contribue à l’évolution du nombre d’emplois disponibles. Cette disponibilité des postes entraînent la baisse du chômage donc pas question de remettre en cause les chiffres officiels…

La précarité en hausse

Ceci dit, ce mouvement global de départ ne favorise pas l’accessibilité des jeunes au marché du travail car leur taux d’employabilité reste faible du à un manque de main d’œuvre dans certains secteurs professionnels ou encore à cause de formations mal adaptées. Ainsi, il n’est plus rare de voir les bac+5 au chômage.

Ainsi parallèlement, "la création d’emplois n’est en hausse que de 0,2%" souligne Marc Touaty, économiste et directeur général délégué de Global Equities. Et les projets du gouvernement en matière de traitement social du travail semblent n’offrir aucune perspectives durables pour nos actifs actuels et nos futurs actifs : "les emplois aidés, les emplois jeunes, les stages…Mais ça ne donne pas d’emploi durable, ça fait simplement sortir les gens des statistiques" confirme l’économiste. "Seul un tiers de cette baisse provient réellement de création d’emplois" précise Marc Touaty sur le site Libération.fr.

"Plutôt que de se féliciter de ce chiffre « historiquement le plus bas depuis 1983 », Mme Lagarde devrait revoir sérieusement les méthodes de calcul du nombre de chômeurs et prendre toute la mesure des problèmes de l’emploi, de la précarité et des bas salaires", s’insurge le PCF.

Le Parti socialiste estime lui aussi que "l’action du gouvernement n’est pour rien dans la baisse du chômage" en prétextant que celle-ci n’étant "due qu’aux effets mécaniques de l’évolution de la démographie et au recours de plus en plus massif aux contrats précaires".

Ce qu’indique dans le même temps de nombreuses études : le nombre de contrats précaires et d’intérims a explosé. La logique du Président et de son gouvernement d’arriver au plein emploi se ferait donc au prix d’une précarisation générale des emplois.

Alors comment ne pas être inquiet ? Car les français le sont. Une enquête, sur le moral des ménages réalisée au mois de mai montre que le chômage reste "plus que jamais l’un des plus grands sujets de préoccupation" des Français.