Prix du pétrole. Le président a annoncé la création d'un fonds alimenté par les surplus de TVA sur les produits pétroliers – évalués à 150-170 millions d'euros par trimestre – pour financer des aides aux Français les plus exposés à l'envolée des cours du pétrole.

Je voudrais qu'on consacre l'ensemble de ces sommes au financement, aux aides", a-t-il ajouté. "Je pense au tarif social sur le gaz, qui bénéficie à 750 000 familles, à la prime à la cuve qui bénéficie à un peu moins d'un million de familles." Il a notamment précisé que cette prime à la cuve de fioul pour les Français les plus défavorisés serait portée à 200 euros au lieu de 150 euros l'an prochain.

M. Sarkozy a enfin proposé une réflexion au niveau européen : "Si le pétrole continue à augmenter, est-ce qu'on ne doit pas suspendre la fiscalité pour sa part TVA sur le prix du pétrole", autrement dit geler la TVA au-delà d'un certain niveau, a-t-il dit.

TVA. Le président a annoncé qu'il allait "discuter avec les partenaires européens" de la France pour leur proposer de faire baisser à 5,5 % (contre 19,6 % aujourd'hui) le taux de TVA sur les immeubles à "haute qualité environnementale", sur la restauration et sur les disques.

35 heures. M. Sarkozy a affirmé qu'"il y aura toujours une durée hebdomadaire du travail en France", qui sera de 35 heures, ajoutant : "Ma réponse est définitive." "En revanche, ce que je souhaite, c'est qu'on supprime tous les verrous qui empêchaient les Français de travailler", a déclaré le chef de l'Etat.

Retraites. Le chef de l'Etat a déclaré qu'il ne porterait pas l'âge de la retraite à 63 ans et demi comme l'a demandé la présidente du Medef Laurence Parisot, car "ce n'est pas un engagement" de sa campagne présidentielle. Le gouvernement fait passer actuellement la durée de cotisations obligatoires pour avoir une retraite à taux plein de 40 à 41 années.

Défense. M.Sarkozy a affirmé qu'il n'était "pas question" de mettre six milliards d'euros chaque année dans le seul équipement militaire pour respecter les engagements de la précédente loi de programmation militaire. Il a réaffirmé que son objectif était de dépenser pour la sécurité nationale "aux alentours" de 2 % du produit intérieur brut, mais confirmé son intention de fermer "une quinzaine de bases aériennes". M. Sarkozy a laissé entendre qu'il avait reporté à 2011-2012 sa décision sur la construction d'un éventuel deuxième porte-avions français.

Audiovisuel public. Le président a catégoriquement exclu toute augmentation de la redevance audiovisuelle pour compenser la suppression annoncée de la publicité dans l'audiovisuel public.

Presse. M. Sarkozy a exprimé sa volonté de réunir à l'automne d'états généraux de la presse écrite, radio et audiovisuelle afin de trouver des solutions aux problèmes économiques de la presse. "Il y a un gigantesque problème de distribution. Il faut aider la presse écrite à faire du portage à domicile qui créera des emplois et qui permette d'avoir son journal tôt le matin", a-t-il précisé. "Il faut également multiplier les points de vente de journaux parce qu'aujourd'hui, dans les grandes villes, pour trouver son journal, c'est un plein travail", a-t-il ajouté.

Grand Paris. Le président de la République s'est prononcé pour la création d'"une ou deux nouvelles villes", "écologiques, où il fait bon vivre", "avec un habitat individuel", en Ile-de-France, dans le cadre du Grand Paris. "La nouvelle ville, c'est une ville qui tire les conséquences des évolutions architecturales, qu'on tourne le dos à toutes les folies des années 60, qu'on fasse de cette ville la ville du développement durable, avec des énergies durables, avec des transports en commun, avec des gens qui sont heureux d'y vivre, avec un habitat individuel", a précisé le chef de l'Etat.

RER A. Il a aussi annoncé que la RATP, dont l'Etat est l'actionnaire unique, "mettrait entre 250 et 300 millions" d'euros pour la modernisation de la ligne RER A, aujourd'hui saturée. "Je demande au Syndicat du transport parisien [le STIF, présidé par le socialiste Jean-Paul Huchon] de faire sa part du travail et de mettre l'autre moitié pour que les travaux de modernisation commencent tout de suite : qu'on commande les nouvelles rames et que d'ici à douze ans l'ensemble des passagers puissent en bénéficier", a-t-il souligné.

Politique de rigueur. Le président de la République a réaffirmé qu'"il n'y aura pas de politique de rigueur". M. Sarkozy a dit vouloir "maîtriser les dépenses pour que chaque centime d'euro dépensé soit bien utilisé et en même temps que dans la colonne des recettes, cela augmente"