Cette réforme répond, toujours d'après le porte-parole du gouvernement, à « trois ob­jectifs simples: simplifier, avoir toutes les prestations dans un seul guichet et plus d'agents sur le terrain ». À l'issue du Conseil des mi­nistres, la ministre de l'Éco­nomie et de l'Emploi Chris­tine Lagarde s'est rendue dans un « guichet unique »  ANPE-ASSEDIC, ouvert lundi dernier à Issy-les-Mou­lineaux (Hauts-de-Seine), qui « préfigure » à ses yeux le fu­tur réseau fusionné. « La nou­velle institution, qui va voir le jour au deuxième semestre 2008, a comme objectif pour les demandeurs d'emploi d'avoir plus de conseillers à disposition », a-t-el1e promis. De son côté, la présidente de 1 'assurance chômage. Annie Thoma.s (CFDT) souligne que « la période de négocia­tion et de concertation n'est pas terminée pour l'UNE­DIC ».

DES « DISCOURS QUI ENTRETIENNENT LA CONFUSION ».

Dans un entretien aux Échos, Jean-Luc Bérard, di­recteur généraI. de l'UNEDIC, estime que la fusion est « une opportunité qui va permettre de réduire la durée nécessaire aux chômeurs pour retrouver un emploi ». « Au Danemark ou au Royaume Uni, avance ­t-il encore, cette durée a été ra­menée à près de trois mois grâce à la réforme des services de l'emploi. La fusion de l'ANPE et des ASSEDIC doit nous permettre de parvenir à terme à cette performance ».

 Dans un tract, le SNU ANPE d'Aquitaine raille des « dis­cours qui entretiennent la confusion » : comment faire baisser le chômage sans créa­tions d'emplois? En arrêtant d'indemniser les chômeurs au bout de trois mois ou en les obligeant à prendre n'importe quel emploi!

Dans ces conditions, après leur grève du 27 novembre, suivie à hauteur de 32 %, les conseillers de l'ANPE sont appelés à remettre le couvert le 18 décembre. Dans un tract commun, la CGT, FO, le SNU et SUD considèrent que

« la fusion entraînera auto­matiquement des réductions de postes (chasse aux dou­blons) et des mobilités pro­fessionnelles et géogra­phiques contraintes pour les personnels ». « Nous refu­sons d'abandonner nos mis­sions de conseil et d'aide aux usagers pour celles de contrôle et de liquidation, écrivent les organisations syndicales. Déjà aujourd'hui, par le biais des guichets uniques qui se mettent en place, des agences locales pour l'emploi et des antennes ASSEDIC disparaissent. »

Les syndicats de l'ANPE op­posés au projet

estiment en­core que la fusion est « contraire aux intérêts des chômeurs » et se traduira par des « pressions sur les de­mandeurs d'emploi pour qu'ils acceptent n'importe quel travail à n'importe quelles conditions, ce qui re­jaillira sur les garanties col­lectives de l'ensemble  du monde du travail ».