La fusion ANPE-UNEDIC adoptée en Conseil des ministres.
Par Régis TRILLES le dimanche 9 décembre 2007, 23:01 - Municipales - Lien permanent
Le gouvernement passe outre l'opposition des agents, qui seront en grève le 18 décembre. Le Conseil des ministres a adopté le projet de loi sur la fusion ANPE-UNEDIC d'ici à la fin 2008. Il devrait être débattu à l'Assemblée nationale à partir du 8 janvier, le gouvernement tablant, semble-t-il, sur une adoption parlementaire avant les municipales du mois de mars. Selon Laurent Wauquiez, le nouvel organisme sera chargé d'« assumer cinq missions: l'accueil, l'orientation, le placement, l'indemnisation et l'accompagnement du demandeur d'emploi ».
Cette réforme répond, toujours d'après le porte-parole du gouvernement, à « trois objectifs simples: simplifier, avoir toutes les prestations dans un seul guichet et plus d'agents sur le terrain ». À l'issue du Conseil des ministres, la ministre de l'Économie et de l'Emploi Christine Lagarde s'est rendue dans un « guichet unique » ANPE-ASSEDIC, ouvert lundi dernier à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), qui « préfigure » à ses yeux le futur réseau fusionné. « La nouvelle institution, qui va voir le jour au deuxième semestre 2008, a comme objectif pour les demandeurs d'emploi d'avoir plus de conseillers à disposition », a-t-el1e promis. De son côté, la présidente de 1 'assurance chômage. Annie Thoma.s (CFDT) souligne que « la période de négociation et de concertation n'est pas terminée pour l'UNEDIC ».
DES « DISCOURS QUI ENTRETIENNENT LA CONFUSION ».
Dans un entretien aux Échos, Jean-Luc Bérard, directeur généraI. de l'UNEDIC, estime que la fusion est « une opportunité qui va permettre de réduire la durée nécessaire aux chômeurs pour retrouver un emploi ». « Au Danemark ou au Royaume Uni, avance t-il encore, cette durée a été ramenée à près de trois mois grâce à la réforme des services de l'emploi. La fusion de l'ANPE et des ASSEDIC doit nous permettre de parvenir à terme à cette performance ».
Dans un tract, le SNU ANPE d'Aquitaine raille des « discours qui entretiennent la confusion » : comment faire baisser le chômage sans créations d'emplois? En arrêtant d'indemniser les chômeurs au bout de trois mois ou en les obligeant à prendre n'importe quel emploi!
Dans ces conditions, après leur grève du 27 novembre, suivie à hauteur de 32 %, les conseillers de l'ANPE sont appelés à remettre le couvert le 18 décembre. Dans un tract commun, la CGT, FO, le SNU et SUD considèrent que
« la fusion entraînera automatiquement des réductions de postes (chasse aux doublons) et des mobilités professionnelles et géographiques contraintes pour les personnels ». « Nous refusons d'abandonner nos missions de conseil et d'aide aux usagers pour celles de contrôle et de liquidation, écrivent les organisations syndicales. Déjà aujourd'hui, par le biais des guichets uniques qui se mettent en place, des agences locales pour l'emploi et des antennes ASSEDIC disparaissent. »
Les syndicats de l'ANPE opposés au projet
estiment encore que la fusion est « contraire aux intérêts des chômeurs » et se traduira par des « pressions sur les demandeurs d'emploi pour qu'ils acceptent n'importe quel travail à n'importe quelles conditions, ce qui rejaillira sur les garanties collectives de l'ensemble du monde du travail ».
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