Pour les 10 % de Français qui vivent avec moins de 780 euros par mois, les choix seront autres bien sûr. Mais il est des grandes surfaces discount pleines de ressources. Des cadeaux à 3 euros, avec un peu d'imagination, ça se trouve. En 2005, en France, plus de sept millions de personnes étaient considérées comme pauvres. En termes de patrimoine et non plus de revenu.

Les 10% de ménages les plus pauvres disposaient de 2 110 euros en moyenne. Les 10 % les plus riches de 450000 euros.

Depuis des années, les inégalités n'ont fait que se creuser. Elles sont insupportables. Mais la question qui taraude le plus grand nombre, c'est désormais celle du pouvoir d'achat qui va de pair avec le casse-­tête des factures de fin de mois, le recours au crédit jusqu'au surendettement. Aujourd'hui, 48 % des Français la citent au second rang de leurs inquiétudes, juste derrière l’emploi. Il y a moins de quatre ans, c'était 28 %.            ,

Mardi, jour de manifestation si l’on se souvient bien, Nicolas Sarkozy déclarait devant les maires de France: « Je prendrai d'autres initiatives pour répondre à l'angoissante question du pouvoir d'achat, de la croissance et de l'emploi. »Le 9 novembre dernier déjà, à Colombey-les-Deux-Eglises, il avait assuré: «Je crois avoir été le premier à en parler. Je prendrai des initiatives. » Le candidat Sarkozy, du reste, pendant sa campagne, l'avait martelé: « Je serai le président du pouvoir d'achat

En attendant, 71 % des Français jugent que les mesures du gouvernement dans ce sens ne sont pas efficaces; 24 % seulement les jugent efficaces, dont ceux - cela peut se comprendre - qui ont bénéficié des mesures fiscales de l'été; voir plus haut.

En fait, la seule mesure adoptée depuis juin a concerné les heures supplémentaires. Mais le fameux «travailler plus pour gagner plus »qui devait rapporter aux salariés les plus motivés quelques dizaines d'euros par mois ne marche pas fort.

Alors Laurence Parisot propose d'aller plus loin. Pourquoi ne pas supprimer carrément la durée légale du travail ? Ceux qui ­ voudraient travailler quatre-vingts heures ou plus par semaine le pourraient.

La présidente du MEDEF, ces temps-ci, passe le mur du son.