« On a l,150 milliard de déficit (dette cumu­lée) à la fin 2006.C'est une situation qui n'est plus supportable», a déclaré le premier ministre sur les ondes de RTL. «L'état est dans une situation critique et doit se réformer sous peine de continuer à peser de plus en plus lourdement sur l'activité des Français, sur leur croissance et sur leur emploi», a-t-il martelé à la veille de la présentation en Conseil des ministres du projet de loi de finances (PLF) pour 2008.

En dramatisant la question de la dette publique, François Fillon entend préparer les esprits à une restriction considérable des dépenses publiques et sociales, tout en se redonnant médiatique­ment une place de premier rang dans la mise en œuvre de la politique pré­sidentielle.

 Il s'agit en fait pour Nicolas Sarkozy d'imposer une marche for­cée au « retour à l'équilibre des finances publiques » vers 2010 ou 2012 au prix de réformes régressives des retraites, de rationnement dras­tique des dépenses de santé et d'en­seignement, l'éclatement du statut de la fonction publique, mais aussi de nouveaux prélèvements sur les salaires et les familles comme la menace qui pèse sur la mise en place d'une TVA dite « sociale».

Ainsi, la suppression de 22921 fonctionnai­res, dont 11 200 dans l'éducation nationale, et l'instauration de fran­chises médicales se combinent avec les 11,5 millions d'euros de cadeaux fiscaux supplémentaires accordés aux foyers les plus riches.

Tout cela sans compter les 27 milliards d'eu­ros que l'État débourserait pour la baisse des cotisations sociales patro­nales inscrites dans le PLF de 2008.

Côté syndical, le diagnostic est clair: « Derrière le mot de " faillite" employé par le premier ministre, il faut entendre rigueur », explique la CGT. Même constat côté politique: le gouvernement organise « le siphonnage des caisses publiques pour pouvoir démanteler le service public et justifier des politiques d'austé­rité », assure le député de Seine­-Saint-Denis ; Jean Pierre Brard.

Avec ce projet de loi de finances,  François Fillon se place en pointe des réformes chères au président

 Sarkozy ; celui-ci pouvant ainsi plus facilement jouer la carte du pragma­tisme afin de diviser les syndicats en les intégrant à ces réformes.