La charge contre les régimes spéciaux s'ins­crit dans cette logique de dégradation globale et d'alignement par le bas. Elle donne lieu à une campagne de désinformation de grande enver­gure.

On veut faire croire qu'en attaquant les ré­gimes spéciaux, on réglerait le problème global. Or, les salariés relevant de ces régimes représen­tent aujourd'hui moins de 5 % de l'ensemble. A qui fera-t-on croire que ces mesures régleront le problème pour les 95 % restants ?

Le gouvernement dit vouloir rétablir l’équité. Or, pour l'essentiel, les dispositions plus favo­rables des principaux régimes spéciaux ont des contreparties: la pénibilité du travail, les horaires décalés et le travail le week-end'; un taux de rem­placement de 10 % plus bas en moyenne que dans le secteur privé car les primes ne sont pas incluses dans le calcul de la retraite, etc.

Pas la moindre trace de privilèges dans ces réalités. Le véritable scandale est que le patronat refuse de tenir compte de la pénibilité du travail dans le secteur privé où existent des situations comparables. Cela fait presque trois ans qu'il bloque les négociations.

La stratégie du gouvernement et du MEDEF, c'est la régression pour tous. Cela s'inscrit dans leur volonté d'instaurer un « contrat social » épousant au mieux les exi­gences de compétitivité et d'attractivité du grand capital dans la financiarisation mondia­lisée.

Le véritable problème est celui de la part de richesses consacrées aux nouveaux besoins nés de l'évolution démographique. Financer la retraite pour tous avec 37,5 annuités de cotisa­tions est possible. Cela représente 4 points de PIB jusqu'en 2040.

Ils seront largement assurés par le doublement des richesses créées dans le même temps, à condition toutefois de s'attaquer aux vrais privilèges, ceux des actionnaires du CAC 40 et des marchés financiers.

Il faut en finir avec les allégements de charges sociales

 sans effet sur l'emploi (plus de 25 mil­liards d'euros

cette année), percevoir sur les pro­fits financiers

une cotisation sociale au même taux que celle prélevée

 sur les salaires, revoir les coti­sations des

entreprises pour pénaliser les déloca­lisations,

 les restructurations génératrices de chô­mage et favoriser

 les politiques d'emplois.

Cette question est en effet déterminante pour l'équilibre

d'ensemble du système.

Il est donc important de rétablir les faits, de ne pas se lais­ser

impressionner par la violence de l'offensive.

 Le Parti communiste entend jouer tout son rôle dans cette

  bataille. Il se félicite des actions déci­dées par les organisations

 syndicales le 18 oc­tobre prochain et appelle à la mobilisation

pour assurer leur succès. Le rassemblement qu'il or­ganise le

27 octobre à Paris sera une occasion forte de riposter et de

 promouvoir les solutions alternatives relevant d’un autre

choix de société.