En effet, malgré des systèmes organisés de façon assez différente, on aboutissait, en moyenne, à une parité entre retraités des régimes spéciaux de la fonction publique et du secteur privé.Au prétexte d'équité <.maintenant mise en avant, le gouvernement voudrait aujour­d'hui s'attaquer aux régimes spé­ciaux.

L'équité consisterait ainsi à aligner tout le monde vers le bas. Notons que l'argument financier est peu employé pour justifier cet alignement vers le bas. En effet, le régime d'EDF-GDF est bénéfi­ciaire et contribue à la solidarité nationale en participant au finan­cement d'autres régimes, et les projections indiquent que celui de la SNCF serait en équilibre à l'ho­rizon 2020.

Au-delà, même si elle est utilisée par le patronat et le gouvernement comme un épouvantail destiné à faire accepter un certain nombre de régressions sociales, la question de l'équité est tout à fait réelle.

Tout le problème est de savoir si l'équité consiste à généraliser aux salariés des régimes spéciaux les mesures in­justes qui ont déjà touché le secteur privé et les fonctionnaires?

Répondre à cette question sup­pose de regarder l'évolution prévi­sible des retraites.

Le premier rap­port du Conseil d'orientation des retraites (COR), en 2001, indiquait que l'abrogation des mesures ré­gressives prises à l'encontre du sec­teur privé nécessiterait à l'horizon 2040 une augmentation de 15 points de cotisation lissée sur 40 ans, soit 0,37 point par an.

On a du mal à croire qu'une telle aug­mentation des cotisations patro­nales aurait un impact catastrophique sur l'économie.

Ce chiffre doit d'ailleurs être revu à la baisse, au vu des dernières perspectives dé­mographiques notées par le der­nier rapport du COR.

Remar­quons que le COR indiquait que l'impact d'un retour à 37,5 annui­tés de cotisations pour le secteur privé serait faible : 0,33 %.