L'harmonisation des retraites par le haut financièrement possible.
Par Régis TRILLES le lundi 1 octobre 2007, 23:21 - Retraites - Lien permanent
Par Pierre Khalfa, secrétaire national de l'Union syndicale Solidaires, membre du conseil scientifique d’AT TAC.
Les salariés des régimes spéciaux sont-ils des privilégiés? La question pourrait paraître hallucinante au regard des rémunérations et des parachutes dorés des grands patrons ou des gains financiers des actionnaires. Remarquons tout d'abord que ce sont les réformes, ou plutôt les contre-réformes, Balladur de1993 et les accords Arcco-Agirc de 1996 pour le secteur privé et la loi Fillon de 2003 pour les fonctionnaires qui ont mis à mal l’équivalence qui existait entre tous les régimes de retraite.
L'équité consisterait ainsi à aligner tout le monde vers le bas. Notons que l'argument financier est peu employé pour justifier cet alignement vers le bas. En effet, le régime d'EDF-GDF est bénéficiaire et contribue à la solidarité nationale en participant au financement d'autres régimes, et les projections indiquent que celui de la SNCF serait en équilibre à l'horizon 2020.
Au-delà, même si elle est utilisée par le patronat et le gouvernement comme un épouvantail destiné à faire accepter un certain nombre de régressions sociales, la question de l'équité est tout à fait réelle.
Tout le problème est de savoir si l'équité consiste à généraliser aux salariés des régimes spéciaux les mesures injustes qui ont déjà touché le secteur privé et les fonctionnaires?
Répondre à cette question suppose de regarder l'évolution prévisible des retraites.
Le premier rapport du Conseil d'orientation des retraites (COR), en 2001, indiquait que l'abrogation des mesures régressives prises à l'encontre du secteur privé nécessiterait à l'horizon 2040 une augmentation de 15 points de cotisation lissée sur 40 ans, soit 0,37 point par an.
On a du mal à croire qu'une telle augmentation des cotisations patronales aurait un impact catastrophique sur l'économie.
Ce chiffre doit d'ailleurs être revu à la baisse, au vu des dernières perspectives démographiques notées par le dernier rapport du COR.
Remarquons que le COR indiquait que l'impact d'un retour à 37,5 annuités de cotisations pour le secteur privé serait faible : 0,33 %.
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