Clap de fin (provisoire)
Par Régis TRILLES le lundi 11 juin 2007, 22:02 - Présidentielle 2è tour - Lien permanent
Chers compagnons de route « invisibles »,
Début février, je vous soumettais mon premier billet comme on jette une bouteille à la mer.
Quatre mois et 585 billets plus tard, la campagne électorale arrivant à son terme, il convient de mettre un terme à notre collaboration et de prendre un peu de repos avant de rebondir.
Je garderai un inoubliable souvenir de cette expérience qui m’a permis de me familiariser avec l’outil INTERNET et de trouver en vous des lecteurs patients, réguliers et attentifs.
J’ai pu ainsi tenter de vous faire partager mes joies et mes craintes, mes peurs et mes interrogations, mes questionnements et mes coups de colère, assaisonnés d’un peu d’humour qui peut parfois dire bien plus de choses qu’un long discours.
Pour les communistes, le bilan est lourd, très lourd ; avons-nous commis tant d’erreurs pour mériter une sanction si impitoyable ?
Nous allons avoir besoin de temps pour tout analyser, tout décrypter, tout expliquer, tout renouer… mais les travailleurs et les luttes vont cruellement pâtir de l’affaiblissement du « Parti de la classe ouvrière ! »
Pour la gauche, la sanction est, là aussi, sans appel, après plusieurs « avertissements sans frais» depuis 1981. C'est désormais à une refondation qu'il convient de s’atteler.
Entre priorité aux besoins du plus grand nombre et culte de l'argent-roi; entre redistribution volontariste des richesses et précarisation du corps social; entre extension courageuse des droits et aggravation des discriminations; entre défense d'un nouveau mode de développement et marchandisation débridée synonyme de dévastations écologiques; entre développement audacieux de la souveraineté populaire et présidentialisation galopante de notre Ve République: les choix à opérer dessinent une gauche enfin à gauche.
Les forces existent pour porter un tel projet. Le pays ne s'est pas converti en bloc au projet de société du Medef.
Les nombreux mouvements sociaux des dernières années, autant que le rejet populaire du projet de Constitution libérale pour l'Europe, en attestent.
Autour des courants qui ont mené ensemble la campagne du « non» de gauche, dans les collectifs unitaires antilibéraux, mais aussi, plus largement, dans les partis, les forces syndicales et associatives, dans le monde intellectuel et culturel, parmi les citoyennes et les citoyens, dans la jeunesse, nombreux sont celles et ceux qui affichent toujours leur volonté d'entrer en résistance. Ils et elles aspirent à une perspective antilibérale ambitieuse, de justice, d'égalité, de solidarité.
On le voit, le chemin va être long et difficile car il faudra à la fois mener de pair le travail de discussion, d’analyse de l’échec et de reconstruction au sein du Parti Communiste avec le rassemblement des forces antilibérales pour la refondation d’une vraie gauche, tout en résistant aux coups de boutoir des tenants du libéralisme sur les Services Publics, les libertés individuelles et collectives, le droit du travail…
Dans l’immédiat, il reste encore à tout faire pour endiguer la « vague bleue »prévue pour dimanche.
Ensuite, votre Blog de Carcassonne va plonger dans quelques semaines de sommeil estival… pendant que votre serviteur ira taquiner le bar et la daurade au bord de la grande bleue.
Et rien n’interdit que, l’automne venant, le blog ne renaisse de ses cendres encore fumantes…
D’ici là, encore merci et bon repos.
Régis TRILLES
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