Et il a annoncé que ses premières urgences se­raient fiscales et financières dans le but de « provoquer un vrai choc pour, dit-­il, créer de la croissance ». Dans sa musette, on le sait, la suppression des droits de succession, le bouclier fiscal pour les plus riches, la défiscalisation des heures supplémentaires, autant de mesures qui sous des aspects parfois trompeurs, ne pourront qu'accentuer encore les inégalités.

Ce n'est pas tout.

Dès le mois de juillet, aussitôt les députés élus, le pre­mier ministre compte faire voter par l'Assemblée nationale une loi sur l'au­tonomie des universités. Cette réforme qu'il juge comme « peut-être la plus importante » de la législature autori­serait les établissements à « s'organiser comme ils l'entendent, recruter les enseignants comme ils l'entendent, créer les enseignements qu'ils veulent… » et passer des accords extérieurs sans l'avis de leurs tutelles.

Rien de moins qu'un feu vert à l'ouverture des uni­versités à la concurrence, à la main­mise du privé, à la sélection par l'ar­gent.

Accélération aussi sur tous les dossiers qui doivent faire l'objet de discussion avec les syndicats.

Sur le projet annoncé par Nicolas Sarkozy dans la campagne présidentielle d'un contrat de travail unique, « on donne aux  organisations syndicales jusqu'à la fin de l’année pour travailler " a dé­claré le premier ministre.

Quant au ser­vice minimum dans les services pu­blics, les syndicats sont en quelque sorte sommés de faire des propositions avant « la fin de l'été » sous peine de voir le gouvernement faire voter une loi «début septembre ».

Des déclarations musclées d’un chef de gouvernement qui se présente en « responsable de la majorité», « animateur de la ma­jorité et du gouvernement» et qui en­tend s'imposer comme le chef de file de cette majorité dans la bataille des élec­tions législatives.

Reste que les réactions ne se sont pas fait attendre du côté des syndicats, dont les premiers responsables partici­paient à Séville au congrès de la Confé­dération européenne des syndicats.

 « Il y a un problème de méthode», a estimé Jean-Claude Mailly (FO) tandis que François Chérèque (CFDT) déclarait: « Si on vient pour qu'on nous dise : Voilà comment faire, ce n'est pas un débat, et si le calendrier nous est imposé, il n'ya pas de discussion.»

Même appréciation de Bernard Thibault (CGT) qui juge que « les déclarations de Fran­çois Fillon ne peuvent pas être une base de travail. Si c'est pour donner l'impres­sion d'un dialogue alors que la décision de légiférer est déjà prise, il faut que cela apparaisse rapidement; pas la peine d'entretenir un faux suspense, un faux dialogue », a-t-il ajouté.