Michel Winock, historien

« L'identité nationale est une expression détestable parce qu’elle se réfère en général à une définition ethnique de la nation. (...) ­Mais il oublie qu'une ­immense partie du peuple français est constituée d'enfants ou de descendants d'étrangers devenus français. Nos ancêtres parlaient surtout de patriotisme. Plutôt que d'invoquer l'identité nationale, Nicolas Sarkozy aurait mieux fait de réhabiliter le patriotisme.»

Lilian Thuram, footballeur

« Il est évident que M. Sarkozy ne s'attache pas au "vivre ensemble". ­Refuser de faire le travail de mémoire, c'est refuser d'avancer. Il faut relire le passé pour préparer l'avenir. Il est prêt à beaucoup pour devenir président. Il dit ce que les: gens veulent entendre... il réveille le racisme latent desgens, je le lui ai dit, et je suis prêt à le lui redire. On me dit parfois que j’exagère, mais regardez l'évolution de son discours depuis 2005. »

Jacques Levy, géographe

«Quand on observe tes ­cartes de 2002 et de 2007, on ­remarque un lien très fort ­entre les pertes de Le Pen et la progression de Sarkozy par rapport à Chirac. C'est particulièrement frappant le long de la façade méditerranéenne, en Rhône-Alpes, en Alsace. Visiblement avec son ancrage à droite revendiqué - à la différence de l’actuel chef de l'État - le président de l'UMP a su capter au premier tour l'électorat lepéniste qui était le plus proche de lui. »

Emmanuel Todd, historien, démographe

« On a affaire avec lui (Nicolas Sarkozy) à une droite de gouvernement qui n 'hésite pas à adopter une stratégie de la violence  raisonnée avec le concours de l'appareil d'État. On est donc confronté à quelque chose de très grave. En ces temps de tensions sociales et économiques, il y a le risque que s'installe au pouvoir . une droite radicalisée qui sait que la stratégie de la provocation peut être une technique efficace

de gouvernement. »