Il n'en fallait pas plus pour provoquer l'ire de la gauche. Lors de son meeting à Bercy, Nicolas Sarkozy a dit vouloir "liquider" mai 68.

Il accuse les héritiers de ce mouvement, dont fait partie selon lui la gauche, "d'avoir détruit les valeurs et la hiérarchie". Et le jugement est sévère: Mai 68 "nous avait imposé le relativisme intellectuel et moral". Il faut désormais "tourner la page".

 Une diatribe qui n'a pas manqué de faire réagir les socialistes et le monde de l'éducation. Ségolène Royal réplique dans les colonnes du Monde et défend les avancées issues de la grogne étudiante et ouvrière.

Elle rappelle qu'à cette époque, "11 millions de grévistes ont obtenu les accords de Grenelle". "Mai 68 a été un moment où se sont affirmés des droits nouveaux dans tous les domaines", poursuit son conseiller spécial, Jack Lang.

François Hollande n'est pas en reste. Le numéro 1 du PS juge que le candidat UMP mène une "démarche de régression". Pour lui, l'ex-ministre de l'Intérieur est le candidat du "statu-quo" et de "l'injustice".

Daniel Cohn-Bendit, l'un des porte-voix du mouvement, accuse Nicolas Sarkozy de "bolchevisme".

Syndicats et acteurs de l'Education sont aussi montés au créneau. Des propos qui "font froid dans le dos", selon l'UNSA Education. Un discours "idéologique", a commenté la FSU.