Sarkozy et Le Pen barbotent dans les mêmes égouts.
Par Régis TRILLES le samedi 14 avril 2007, 13:35 - Campagne présidentielle - Lien permanent
Les chamailleries entre Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen sembleraient aussi anodines que les rodomontades de catcheurs faisant mine de se porter les coups les plus violents, s'ils n'évoluaient l'un et l'autre sur le terrain le plus inquiétant, celui du racisme et du rejet de l'autre.
Ils se sont choisis comme adversaires préférés et s'entendent comme larrons en foire pour que les médias chroniquent sans trêve leurs dérapages.
Le chef du FN a franchi un degré dans l'ignoble en s'en prenant aux origines hongroises du chef de file de l'UMP, en trouvant de mauvais goût qu'il se présente:
«C'est un candidat qui vient de l'immigration, moi, je suis un candidat du terroir."
Marine, l'héritière du candidat d'extrême droite, qui ne lui cède en rien quant à la vulgarité et au racisme, s'en est prise ensuite à Cécilia, coupable de n'avoir pas une goutte de sang français dans les veines.
Théâtre d'illusions que ces invectives!
Nicolas Sarkozy ne revendique t’il pas le même fonds de commerce lorsqu'il assimile l'immigration aux moutons égorgés dans les baignoires; lance des chasses aux familles d'enfants sans papiers à la porte des écoles et brandit le Karcher?
L'escalade vise à flatter l'électorat d'extrême droite et atteint désormais des sommets.
Mais ces ferraillements de matamores ne sont pas «une guerre» mais «une compétition politique » minaude Le Pen, qui juge que le candidat UMP est quelqu'un « avec qui on peut parler» et qui «n'a pas l'aversion viscérale que Jacques Chirac prétendait avoir pour lui. » Le «véritable dialogue" ainsi ouvert présente un avantage pour l’ancien ministre de l'Intérieur, faisant de lui, fils de grand seigneur,un immigré comme ceux qu'il a fait traquer sans relâche.
Un coup d’éponge à peu de frais.
Alors, le fracas orchestré ces derniers jours, prépare-t-il de nouveaux rapports entre la droite et l'extrême droite? On sait que les Raymond Barre ou les Édouard Balladur, dans les pas desquels Nicolas Sarkozy s'inscrit, avaient des inclinations au dialogue avec le FN.
Les duettistes rêvent-ils de reproduire le second tour de 2002?
Là droite est-elle si étanche à l'idéologie d'extrême droite? La recherche des gènes de la délinquance et de la pédophilie par l'élu de Neuilly-sur-Seine aurait-elle déparé dans la bouche du milliardaire de Saint-Cloud? En adhérant au courant néo-conservateur incarné par Bush à l'échelle mondiale, Nicolas Sarkozy n'a pas seulement rallié la politique étrangère américaine. Il a confirmé son alignement sur une vision rétrograde de la société qui réactive des thématiques de l’extrême droite d'avant-guerre. Son souhait n'est pas de faire cause commune avec Le Pen mais de recycler1'extrême droite dans la grande lessive réactionnaire qu'il propose.
L'entreprise est, hélas, servie par les brouillages de positionnement auxquels la campagne a donné lieu. Ici, l'identité nationale détournée contre l’immigration; là, le drapeau national agité à contresens.
Quand Henri Emmanuelli invite à remettre au centre de la campagne les sujets sociaux, ceux qui préoccupent
au premier chef les électeurs des milieux populaires, il désigne les points où Ségolène Royal s'égare et ceux qui renverraient dans les cordes aussi bien Jean-Marie Le Pen que François Bayrou.
Les électeurs peuvent ne pas rester les spectateurs passifs du marché de dupes qui nous est proposé et remettre la politique sur ses pieds en exprimant avec force leurs idées au premier tour sans céder au mirage du «vote utile».
Commentaires
La mondialisation de la connerie ... :
Ceux qui, il y a quelques années, ironisaient sur le niveau intellectuel des américains lorsqu’ils ont porté Georges W. Bush au pouvoir doivent se trouver bien marris d’être français au soir du premier tour de la présidentielle. Car comment ne pas rire de voir que les citoyens des classes moyennes ou populaires ont aidé à placer en tête du scrutin un homme qui demain va leur faire perdre leurs emplois en facilitant les délocalisations, détruire leur système de protection sociale, démolir leur système de retraite, diminuer les impôts des plus riches et augmenter ceux des plus pauvres (par l’augmentation de la TVA), redistribuer leur argent (celui de l’Etat) aux entreprises qui, elles-mêmes, le redistribueront à leurs actionnaires, démantèlera les services publics pour attribuer leurs fonctions à des sociétés privées qui s’empresseront d’augmenter les prix de tous les services.
Comment ce peuple qui se prétend le plus intelligent du monde peut-il se laisser abuser par ce bonimenteur de foire qui a vendu aux électeurs moyens la corde qui va servir à les pendre ?
Il faut croire qu’après la malbouffe à MacDo, les feuilletons télévisés débilitants, le journalisme de complaisance et la dégradation morale du personnel politique, la connerie aura, elle aussi, dans le cadre d’une mondialisation qu’on prétend inévitable, fini par traverser l’Atlantique.
Car la France de Sarko sera celle des égoïstes et des mange-merde, repliés sur leur petit confort pour ne pas voir crever de faim les SDF du coin de la rue, ceux qui ont choisi l’égoïsme au lieu de la solidarité, la France de ceux qui préfèrent assurer leur vacances au ski en faisant des heures supplémentaires plutôt que de donner du travail aux autres, celle de ceux qui ferment les yeux sur les licenciements tant que leur emploi n'est pas menacé, qui refusent de se syndiquer par peur de compromettre leur carrière, celle des fayots qui n'hésiteront pas à prendre la place de leur collègue plutôt que de perdre la leur, celle des abrutis qui admirent des demeurés qui gagnent des milliards en tapant dans un ballon ou en se trémoussant sur un plateau de télévision, celle de ceux qui s’extasient devant des comédiens qui leur font croire à une réalité virtuelle à l’eau de rose dans des feuilletons stupides.
Bref, c’est la France franchouillarde des médiocres, basse et moutonnière, qui n’a même plus le courage de relever la tête devant l’affront que lui font ceux qui, sous couvert de construction européenne ou de mondialisation, lui tondent la laine sur le dos.
On peut penser que c’est ainsi que les grands peuples deviennent des peuples avilis et que des civilisations finissent par se perdre dans les marécages de l’Histoire… C’est Georges W. Bush qui doit bien rigoler ...