Après la fin de non recevoir du candidat UMP à la proposition de Bayrou d'un débat à quatre sur le Net, ce dernier est revenu à la charge, déclarant­ que « Sarkozy ne pourra pas dire non longtemps ». Même s'il préférerait un débat «à quatre », il a jugé que «les douze ont leur légitimité» et que «la balle est dans le camp des citoyens: il faut qu'ils exigent un débat télévisé, radiodiffusé ou sur Internet».

Dont acte: les instigateurs de l'appel des journalistes de l'audiovisuel public pour des débats contradictoires, fort de 11000 signatures, ont réclamé qu'ils se tiennent «sur les chaînes publiques ». Et

d'écrire: «Certes, un débat sur le Net sera au moins un débat, mais cela signi­fierait que les chaînes. publiques ont manqué à leur mission et que des cen­taines de milliers d'électeurs ne pour­raient en bénéficier. »

Pour Jean-François Téaldi, l'un des journalistes à l'origine de cet appel, «les chaînes et les candidats ne prennent pas leur responsabilité. Il est totalement hypocrite de se cacher derrière des argu­ments techniques. Je me souviens encore des débats que nous avions organisés lors des régionales. Il y avait douze can­didats, on en a organisé deux de six. Il a suffi d'un chronomètre en régie!»

Lui milite pour que «les chaînes publiques lancent à nouveau des invitations. Ensuite, si certains veulent jouer la poli­tique de la chaise vide, les Français apprécieront ».

« Impossible», rétorque Arlette Cha­bot, la directrice de l'info de la Deux.

Et Gilles Leclerc, le patron du service poli­tique, d'opiner du chef: «Le CSA refu­serait, les candidats devant bénéficier des mêmes conditions, explique-t-il. Nous, on a fait notre boulot. Hélas, il faudrait que tout le monde soit de bonne foi. »

Comme le résume Chabot: «Il y a ceux qui assument leur refus. Mais aussi ceux qui disent qu'ils participeront à des dé­bats en sachant qu'on ne pourra pas les organiser. »

 Pour elle,  « il est trop tard et il faudra repenser les règles».

Pour Leclerc, toutefois, «il peut encore y avoir des surprises. Mais on ne peut forcer personne. Que Bayrou veuille affronter Sarkozy, on le comprend. Comme on comprend que ce dernier n'ait pas envie  de le faire. Parce qu'il n'ya pas intérêt. »

Pourtant, assure un journaliste de la Deux, «on sent une vraie envie, chez les gens comme chez la plupart des candi­dats. Las, certains ont construit leur campagne comme un long monologue ». Ou comme un coup d'éclat permanent ne souffrant pas la contradiction.

Ce qui n'aura pas empêché Sarkozy de déclarer hier et malgré son passif que, s'il est élu, «il n'y aura aucune chasse aux sorcières» dans les médias. Ajoutant, lim­pide: «J'ai suffisamment d'expérience pour savoir que changer de Président de France 3 ne change rien. »