Le débat, c’est pour quand ?
Par Régis TRILLES le samedi 7 avril 2007, 23:31 - Campagne présidentielle - Lien permanent
Il reste à peine une semaine pour quitter la campagne des « slogans » et des petites phrases. Marie-George Buffet ainsi que Dominique Voynet ont appelé de leurs vœux la tenue de débats contradictoires ; Mais tous les candidats n’y ont pas intérêt !
A une semaine du premier tour, les Français sont toujours privés des débats qu'ils réclament à une écrasante majorité. Pourtant interrogés sur la seule hypothèse d'une ou plusieurs confrontations télévisées entre Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy et François Bayrou, 80 % s'y déclarent favorables, et 63 % assurent qu'elles influenceraient leur vote.
Les candidats PS et UDF en ont d'ores et déjà accepté le principe, avec plus ou moins d'enthousiasme. Seul Nicolas Sarkozy s'y refuse obstinément. Pourquoi?
Au «20 Heures» de France 2, le 19 mars, il justifiait ainsi sa décision: «C'est quand même une drôle d'idée de demander l'organisation d'un débat à un moment où on ne peut plus les organiser puisqu'il y a douze candidats. Comment vous allez faire puisqu'on est tous à la stricte égalité? Si Mme Royal voulait un débat, il fallait le faire avant. »
Le démenti allait tomber quelques jours plus tard.
Le 26 mars, l'émission «Mots croisés», sur la même chaîne publique, confrontait des représentants des douze candidats à l'élection présidentielle, avec un strict respect des temps de parole.
Alors pourquoi ce refus?
D'abord, l'ex-ministre de l'Intérieur veut éviter d'avoir à défendre un bilan guère reluisant. Un autre sondage IFOP publié le 1er avril par «le Journal du dimanche» offre une explication saisissante à cette amnésie du champion de l'UMP à assumer ses responsabilités.
Les Français sont plus de 45 % à estimer que depuis cinq ans «la situation en matière d'insécurité s'est plutôt dégradée », et 15 % seulement s'enthousiasment d'une amélioration.
Autre motif du peu d'empressement de Nicolas Sarkozy à accepter la confrontation: le risque d'être poussé dans ses contradictions sur le plan social et d'être démasqué comme le candidat des patrons.
Celui qui veut baisser les cotisations sociales et augmenter la TVA - l'impôt le plus injuste qui soit.
Celui qui veut faire travailler les Français toujours plus et offrir un bouclier fiscal aux plus riches.
C'est pour cela que le champion de la droite «décomplexée», qui ose citer Jaurès, évite soigneusement la moindre contradiction.
Sans rougir, lors de sa conférence de presse du mardi 2 avril, il s'est ainsi fait le chantre de «la France exaspérée" en se présentant comme le «candidat hors système ". celui «qui parle à la France du non" au référendum.
Pour quitter cette campagne de slogans et des petites phrases, de nombreuses voix s'élèvent, notamment à gauche, pour entrer (enfin!) dans celle de la confrontation des idées et des projets.
Ces débats, Marie George Buffet et également Dominique Voynet les ont publiquement appelés de leurs vœux.
Il reste à peine une semaine pour combler cet inquiétant déficit de démocratie.
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