Avec les trois larrons, la vie sera plus dure.
Par Régis TRILLES le lundi 2 avril 2007, 23:25 - Campagne présidentielle - Lien permanent
Désespérante, la campagne présidentielle ? Alors que les sondages annoncent une victoire de la droite et que la gauche se retrouve à un niveau historiquement bas, de nombreux français, à un trois semaines du scrutin, se révèlent incapables de citer la moindre ligne du programme des candidats Le Pen, Sarkozy et Bayrou.
Ainsi, selon les différentes enquêtes d'opinion, la gauche stagnerait autour de 35 % des voix au premier tour si l'élection présidentielle avait lieu le week-end prochain. Nicolas Sarkozy culminerait à 30 %, François Bayrou serait autour de 20 % et, toujours selon ces mêmes instituts, Jean-Marie Le Pen se situerait aux environs de 15 %.
Le premier parle de rupture, le second a enfourché le cheval de bataille du « ni droite ni gauche », le troisième se pose comme toujours en candidat antisystème.
Entre ces trois hommes les différences existent.
Seul Jean-Marie Le Pen assortit ses propositions d'un volet nauséabond baptisé « préférence nationale". Reste cependant qu'en ce qui concerne les propositions économiques, notamment en matière de travail et de salaires, les convergences sont nombreuses.
Les candidats de l'UMP, de l'UDF et du FN estiment d'une même voix que les Français ne travaillent pas assez et que les 35 heures sont la source de tous les maux. Ainsi, pour Nicolas Sarkozy, il s'agit «de permettre l'augmentation durable de tous les salaires en rompant avec la politique de partage du travail".
De la même manière l'UDF estime qu'il faut « multiplier le travail, non le diviser". Conclusion de l'organisation centriste: « Sur la question du temps de travail, l'État doit soutenir les négociations entre partenaires sociaux à l'intérieur des branches et garantir qu'il fait confiance à leurs accords."
Le FN va un peu plus loin en expliquant que « l'organisation du temps de travail sera négociée par branches et par entreprises entre partenaires sociaux. En la matière, l'État se bornera à susciter et à arbitrer ces négociations, tout en assortissant le recours au temps partiel ou au temps choisi d'exonérations de charges sociales».
« Permettre à ceux qui veulent travailler plus pour gagner davantage de le faire, en donnant plus de liberté aux entreprises et aux salariés pour négocier des heures supplémentaires ", explique Nicolas Sarkozy.
« Il est nécessaire que les Français puissent travailler plus pour gagner plus ", répond comme en écho Jean-Marie Le Pen. Et lorsque le candidat de l’UMP préconise d' « exonérer les heures supplémentaires de charges sociales et fiscales, pour créer un choc en faveur des revenus du travail ", François Bayrou propose « une augmentation de la prime par heure supplémentaire à 35 %, pour toutes les entreprises, mais qu'elle soit défalquée des charges sociales ".
Travailler plus comme seule solution pour augmenter les salaires, c'est ce qu'expliquent les trois hommes qui justifient ainsi leur refus d'augmenter immédiatement le SMIC.
« La hausse du seul SMIC est un risque parce qu'elle tasserait la grille des salaires », assure Nicolas Sarkozy, rejoint par le président de l’UDF, qui refuse« l'augmentation brutale du SMIC qui a des effets d'exclusion sur les emplois peu qualifiés ". Quant au candidat du FN, sa solution est simple: « Revenir aux 39 heures en conservant le SMIC horaire à 8,27 euros brut. »
« Travailler plus » intensément et travailler plus « longtemps » sont l'alpha et l'oméga des trois candidats. Tous, ils revendiquent d'aller encore plus loin dans la « réforme Fillon » des retraites.
Sans surprise pour Nicolas Sarkozy qui veut « conserver et conforter la loi de 2003 sur les retraites". Le candidat UDF veut lui aussi «achever la réforme des retraites» et « poursuivre dans la voie engagée» avec la création « d'une retraite par points », revendication centrale des amis d'Alain Madelin.
Et bien évidemment en finir avec les « régimes spéciaux de retraite dans un souci de justice et d'équité», comme le veulent Nicolas Sarkozy et Jean Marie Le Pen. Ou, pour reprendre la proposition de François Bayrou « viser leur mise en extinction, les nouveaux entrants étant soumis aux règles de droit commun».
Sans oublier « l'assouplissement ou la suppression des règles de cumul retraite emploi" pour reprendre la formule du FN que l'on retrouve dans les programmes de l'UDF et de l'UMP.
Autre point commun entre les trois candidats: « Plus de minima sociaux sans contrepartie d'activité". Faire travailler les privés d'emplois pour qu'ils bénéficient de la solidarité nationale?
Cela signe en réalité la fin du concept même de solidarité.
Enfin, les trois hommes ont en commun le même rejet du Code du travail, accusé d'être « excessivement rigide ", et la même volonté de desserrer « l'étau fiscal qui pèse sur le travail et l'entreprise ». Comprenez casse des systèmes de protection, baisse des cotisations patronales.
Sans oublier de nouveaux allégements pour les patrons, comme celui que propose François Bayrou en ouvrant la possibilité pour toutes les entreprises de « créer 2 emplois dont les charges seront limitées à 10 % pendant les cinq ans à venir ».
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