Ainsi, selon les différentes enquêtes d'opinion, la gauche stagnerait autour de 35 % des voix au premier tour si l'élection présidentielle avait lieu le week-end prochain. Nicolas Sarkozy culminerait à 30 %, François Bayrou serait autour de 20 % et, toujours selon ces mêmes instituts, Jean-Marie Le Pen se  situerait aux envi­rons de 15 %.

Le premier parle de rupture, le second a enfourché le che­val de bataille du « ni droite ni gauche », le troisième se pose comme tou­jours en candidat antisystème.

Entre ces trois hommes les différences existent.

Seul Jean-Marie Le Pen assortit ses pro­positions d'un volet nau­séabond baptisé « préfé­rence nationale". Reste cependant qu'en ce qui concerne les propositions écono­miques, notamment en matière de travail et de salaires, les convergen­ces sont nombreuses.

 Les candidats de l'UMP, de l'UDF et du FN esti­ment d'une même voix que les Français ne travaillent pas assez et  que les 35 heures sont la source de  tous les maux. Ainsi, pour Nicolas Sarkozy, il s'agit «de permettre l'augmentation durable de tous les salaires en rompant avec la politique de partage du travail".

De la même manière l'UDF estime qu'il faut « multiplier le travail, non le divi­ser". Conclusion de l'organisation centriste: « Sur la question du temps de travail, l'État doit soutenir les négociations entre parte­naires sociaux à l'intérieur des branches et garantir qu'il fait confiance à leurs accords."

Le FN va un peu plus loin en expliquant que « l'organisation du temps de travail sera négociée par branches et par entreprises entre par­tenaires sociaux. En la matière, l'É­tat se bornera à susciter et à arbitrer ces négociations, tout en assortissant le recours au temps partiel ou au temps choisi d'exonérations de char­ges sociales».

« Permettre à ceux qui veulent travailler plus pour gagner davantage de le faire, en donnant plus de liberté aux entreprises et aux salariés pour négocier des heures supplé­mentaires ", explique Nicolas Sarkozy.

« Il est nécessaire que les Français puissent travailler plus pour gagner plus ", répond comme en écho Jean-Marie Le Pen. Et lorsque le candidat de l’UMP préco­nise d' « exonérer les heures supplé­mentaires de charges sociales et fis­cales, pour créer un choc en faveur des revenus du travail ", François Bayrou propose « une augmenta­tion de la prime par heure supplé­mentaire à 35 %, pour toutes les entreprises, mais qu'elle soit défal­quée des charges sociales ".

Travailler plus comme seule solution pour augmenter les salaires, c'est ce qu'expliquent les trois hommes qui justifient ainsi leur refus d'aug­menter immédia­tement le SMIC.

« La hausse du seul SMIC est un risque parce qu'elle tasse­rait la grille des salai­res », assure Nicolas Sarkozy, rejoint par le président de l’UDF, qui refuse« l'augmentation brutale du SMIC qui a des effets d'exclusion sur les emplois peu qualifiés ". Quant au can­didat du FN, sa solution est simple: « Revenir aux 39 heures en conser­vant le SMIC horaire à 8,27 euros brut. »

« Travailler plus » intensément et travailler plus « longtemps » sont l'alpha et l'oméga des trois candi­dats. Tous, ils revendiquent d'aller encore plus loin dans la « réforme Fillon » des retraites.

Sans surprise pour Nicolas Sarkozy qui veut « conserver et conforter la loi de 2003 sur les retraites". Le candidat UDF veut lui aussi «achever la réforme des retraites» et « poursuivre dans la voie engagée» avec la création « d'une retraite par points », revendication centrale des amis d'Alain Madelin.

 Et bien évi­demment en finir avec les « régimes spéciaux de retraite dans un souci de justice et d'équité», comme le veulent Nicolas Sarkozy et Jean­ Marie Le Pen. Ou, pour reprendre la proposition de François Bayrou « viser leur mise en extinction, les nouveaux entrants étant soumis aux règles de droit commun». 

Sans oublier « l'assouplissement ou la suppression des règles de cumul retraite emploi" pour reprendre la formule du FN que l'on retrouve dans les programmes de l'UDF et de l'UMP.

Autre point commun entre les trois candidats: «  Plus de minima sociaux sans contrepartie d'activité". Faire travailler les pri­vés d'emplois pour qu'ils bénéfi­cient de la solidarité nationale?

Cela signe en réalité la fin du concept même de solidarité.

Enfin, les trois hommes ont en commun le même rejet du Code du travail, accusé d'être « excessive­ment rigide ", et la même volonté de desserrer « l'étau fiscal qui pèse sur le travail et l'entreprise ». Comprenez casse des systèmes de protection, baisse des cotisations patronales.

Sans oublier de nouveaux allégements pour les patrons, comme celui que propose François Bayrou en ouvrant la possibilité pour toutes les entreprises de  « créer 2 emplois dont les charges seront limitées à 10 % pendant les cinq ans à venir ».