La formule fleurit dans les discours. Au MEDEF, elle est très prisée. La droite en est friande. Et voilà que Ségolène Royal en pigmente ses interventions électorales: «Donnant donnant ». La candidate du PS propose que les régions prennent en charge, pendant six mois; la totalité du sa­laire et des cotisations sociale patronales d'un jeune diplômé recruté dans le cadre d'un premier emploi. Elle espère qu'au bout du délai «les entreprises transforme­ront ce premier emploi en contrat de tra­vail." Ce donnant -donnant est très aléa­toire. Et nul besoin d'être grand clerc pour voir le risque d’un effet d’aubaine. Avec, au final, pour nombre de salariés, une avancée au goût de cadeau empoi­sonné. Le message est toujours le même: il serait impossible d'obtenir 6 mois d’une main-d'œuvre diplômée gratuitement. Plus exactement: aux frais du contribuable.

Donnant donnant. C'est déjà sur ce mode qu'avaient été mises en place les 35 heures: baisse du temps de travail des salariés,  «modération» salariale et fIexibilité­ horaire (sous forme d'annualisation). Une once de progrès social sans faire une concession au patronnat.

Sarkozy ne dit pas autre chose, en lançant l'idée d’un contrat de travail unique qui faciliterait le licenciement par l’emp1oyeur, au motif de faciliter l’embauche. Problème: une trentaine d'années de libéralisme font apparaître ce donnant donnant comme un contrat de dupe. De  flexibilité en précarité et blocage des salaires, le chômage reste massif, le travail de­vient plus dur, une minorité de prédateurs financiers réclame toujours plus, et l’éco­nomie ne sort pas du tunnel.

 Que la candidate socialiste en fasse le leitmotiv de son programme social pourrait conduire plus d’un électeur de gauche à réfléchir.

Ce d’autant qu’ils et elles sont nombreux(ses) parmi les indécis(es) ou ceux qui n’ont pas encore choisi…Il faudra bien qu’un jour, et rapidement, ils et elles sachent ce que contient réellement le vote « Royal » - puisqu’il n’y a pas de vote « socialiste » !