A Limoges, Ségolène Royal prend l’accent social.
Par Régis TRILLES le dimanche 1 avril 2007, 22:02 - Campagne présidentielle - Lien permanent
Pour la première fois en tandem avec François Hollande, la candidate socialiste a évoqué l’histoire pour dessiner sa vision d’avenir. Il faudra vite se rapprocher du concret pour être crédible.
La petite histoire retiendra le petit bisou entre Ségolène Royal et François Hollande, ce jeudi soir, devant quelque 7000 personnes au Zénith de Limoges.
Retiendra peut-être aussi ce Chant des partisans, repris par l'assistance, en ces «terres rebelles », haut lieu de la Résistance, «la région la plus à gauche de France, qui a su résister à tout et parfois au pire», comme le soulignera le premier secrétaire.
«Terres d’insoumission dans les campagnes et les usines», rajoutera la candidate, évoquant « la mémoire ouvrière, l'ancrage à gauche», « la lutte pour une république démocratique, laïque et sociale », « des exploits du maquis » et la figure du résistant communiste Georges Guingoin.
Désormais bien rodée, sans discours écrit mais arpentant la scène avec un micro sans fil, la candidate a délibérément donné un accent social à son intervention.
Auparavant, François Hollande avait aussi cité la Commune de Paris, exhorté, «les amis communistes et Verts au rassemblement pour le 2é tour », insistant sur «le besoin de toute la gauche pour battre la droite et changer la vie».
«Créer, c'est résister, et résister, c'est créer », dira Ségolène Royal en faisant un lien entre «l'histoire et ce qui va se passer. » Une grille de lecture de son pacte où elle inscrit dans une première salve «la bataille pour les services publics », contre leur privatisation, pour leur modernisation. « La VIe République sera la République des services publics garantis».
Inscrit « la bataille pour l'emploi des jeunes», ré expliquant au passage le gagnant-gagnant, et le donnant-donnant qu'elle propose substituer «aux logiques de confrontation et de guerre contre tous, la France des solidarités, de l'intervention de la puissance publique, des droits nouveaux, et, en contrepartie, des responsabilités nouvelles pour les salariés comme pour les entreprises».
«La gauche, ce n’est pas l'assistanat, c'est la dignité du travail. » Ce qui la conduit à une deuxième salve sur la valeur travail «qui n'est pas la même que celle de la droite » à partir du témoignage d'une ouvrière inquiète de ne toucher que 600 euros par mois de retraite. Selon la candidate, revaloriser les bas salaires et les petites retraites; «ce n'est que justice, et c'est aussi un levier économique d'efficacité».
Dans. une région qui a voté massivement « non "au référendum sur le Traité constitutionnel européen, la candidate, qui a réussi -avait préalablement affirmé François Hollande- à rassembler les «oui» et les « non », est revenue sur sa vision de l’Europe et le message qu'elle a cru comprendre de la part des Français. Selon elle, il faut réformer l'Europe, il faut «une Europe qui protège davantage, qui donne des garanties, qui se protège contre les délocalisations ». Et, citant les États-Unis qui ne s'embarrassent pas pour faire du protectionnisme, «L'Europe. doit sortir de sa naïveté avec un volet social efficace. »
D’accord, mais les quelques 50 % d’électeurs qui ne sont pas sûrs de leur vote aimeraient sortir des « visions », des « intentions » et des « vœux pieux » pour entrer dans le domaine des « engagements concrets. »
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