La petite histoire retiendra le petit bisou entre Ségo­lène Royal et François Hollande, ce jeudi soir, de­vant quelque 7000 personnes au Zénith de Limoges.

Retien­dra peut-être aussi ce Chant des partisans, repris par l'assis­tance, en ces «terres rebelles », haut lieu de la Résistance, «la région la plus à gauche de France, qui a su résister à tout et parfois au pire», comme le soulignera le premier secré­taire.

 «Terres d’insoumission dans les campagnes et les usines», rajoutera la candidate, évoquant « la mémoire ou­vrière, l'ancrage à gauche», « la lutte pour une république démocratique, laïque et so­ciale », « des exploits du ma­quis » et la figure du résistant communiste Georges Guingoin.

Désormais bien rodée, sans discours écrit mais arpen­tant la scène avec un micro sans fil, la candidate a délibé­rément donné un accent social à son intervention.­

Auparavant, François Hol­lande avait aussi cité la­ Commune de Paris, exhorté, «les amis communistes et Verts au rassemblement pour le 2é tour », insistant sur «le besoin de toute la gauche pour battre la droite et changer la vie».

«Créer, c'est résister, et ré­sister, c'est créer », dira Ségo­lène Royal en faisant un lien entre «l'histoire et ce qui va se passer. » Une grille de lecture de son pacte où elle inscrit dans une première salve «la bataille pour les services publics », contre leur privatisation, pour leur modernisation. « La VIe République sera la Répu­blique des services publics ga­rantis».

Inscrit « la bataille pour l'emploi des jeunes», ré expliquant au passage le gagnant-gagnant, et le donnant­-donnant qu'elle propose substituer «aux logiques de confrontation et de guerre contre tous, la France des solidarités, de l'intervention de la puissance publique, des droits nouveaux, et, en contre­partie, des responsabilités nouvelles pour les salariés comme pour les entreprises».

«La gauche, ce n’est pas l'assistanat, c'est la dignité du travail. » Ce qui la conduit à une deuxième salve sur la va­leur travail «qui n'est pas la même que celle de la droite » à partir du témoignage d'une ouvrière inquiète de ne tou­cher que 600 euros par mois de retraite. Selon la candidate, revaloriser les bas salaires et les petites retraites; «ce n'est que justice, et c'est aussi un le­vier économique d'efficacité».

Dans. une région qui a voté massivement « non "au réfé­rendum sur le Traité constitutionnel européen, la candi­date, qui a réussi -avait préa­lablement affirmé François Hollande- à rassembler les «oui» et les «  non », est reve­nue sur sa vision de l’Europe et le message qu'elle a cru comprendre de la part des Français. Selon elle, il faut réformer l'Europe, il faut «une Europe qui protège da­vantage, qui donne des garan­ties, qui se protège contre les délocalisations ». Et, citant les États-Unis qui ne s'embarras­sent pas pour faire du protec­tionnisme, «L'Europe. doit sortir de sa naïveté avec un volet social efficace. »

D’accord, mais les quelques 50 % d’électeurs qui ne sont pas sûrs de leur vote aimeraient sortir des « visions », des « intentions » et des « vœux pieux » pour entrer dans le domaine des « engagements concrets. »