Nicolas Sarkozy aime le mérite.

Le Français « qui se lève tôt» pour « tra­vailler plus pour gagner plus », a toute sa considération. Le « fils d’immigré Hongrois » se rêve en candidat du peuple.

En rajoute, dans la Vie du 20 novembre 1997, sur les aventures d’un père qui aurait « fui la Hongrie, caché sous un train ».

« La réalité est sans doute moins romanesque», pré­cise l'Encyclopédie politique française d’Emmanuel Ratier, qui retrace son parcours : « La famille n'a jamais été dans la gêne et a toujours fréquenté les meilleurs lieux. ». « Rallyes, clubs hippiques, hôtel particulier dans le XVIIe, cours privé rue Monceau et petites cuillères en argent », note Libération le 10 juin 2005.

Il y a là moins de quoi nourrir sa fausse révolte contre les « pa­trons voyous» que son dégoût pour « ceux qui ne paient pas d’impôts mais qui profitent des aides publiques ».

Nicolas Sarkozy se veut bon soldat.

En 1999, il a conduit la liste de son camp aux européennes (l2,82 %,derrière l'alliance Pasqua-de Villiers). Même pas récompensé de son abné­gation, il est écarté de la présidence du RPR par Jacques Chirac. Logique retour de bâton, car Nicolas Sarkozy est un traître patenté.

En politique, il faut savoir suivre le vent. On ne peut pas dire que le président de l’UMP ait toujours eu du nez. En 1995, alors que le premier ministre Édouard Bal­ladur, candidat à l'élection présiden­tielle, est au plus haut dans les son­dages, son ministre du budget et de la Communication se voit déjà à Mati­gnon. Il devient porte-parole de la campagne de Balladur et après son cuisant échec, le « traître à la chira­quie » est hué par les militants à lon­gueur de meeting. Il entame alors une longue traversée du désert. « Pour tenir, j'ai couru une heure tous les ma­tins, en scandant à chaque foulée : Re-vanche, re-vanche ", explique Sar­kozy dans le Figaro du 3 janvier 1998; Teigneux?

Opportuniste en quête de voix.

Le bo­nimenteur ne se contente pas de trahir sa famille politique, il revient aussi sur la parole donnée aux Fran­çais. Se souvient-on de son engage­ment pour GDF? « L'État ne des­cendra pas en dessous de 70%.du ca­pital. (...) II n'y aura pas de minorité de blocage, donc pas de privatisation ", affirmait-il, alors qu'il était ministre de l'Économie, devant la re­présentation nationale le 27 mai 2004.

En février 2006, la fusion annoncée du gazier avec Suez cachait « une privatisation rampante ". Qu'importe: « le projet de fusion a de grands risques de ne pas se faire. Il faudrait procéder avant l’été » s'inquiétait dans l'urgence le président de l'UMP, le 1er juin 2006. Quel crédit apporter à sa parole?

Nicolas Sarkozy se dit populaire.

Son union est « populaire », son mouvement de jeunes est « populaire ». Il dit préférer « un libéralisme populaire » à un « capitalisme sans règles et sans éthique» (dépêche Associated Press 6 juillet 2006). Veut défendre « une francophonie vivante et populaire » (discours de Saint-Herblain, 16 mars 2007). Implante son quartier général de campagne dans un quartier popu­laire... la forte présence policière fai­sant fuir la population...

En fait, Ni­colas Sarkozy n'est pas populaire « Sarko est populiste », confessait au Monde, en septembre 2005, Bernard Accoyer, président du groupe UMF à l'Assemblée nationale. Selon lui. « seul un candidat populiste, dont on peut souhaiter qu'il appartienne à une formation démocratique, peut l'emporter à la présidentielle». Le patron des élus UMP au Palais-Bour­bon ne faisait que constater la ligne de conduite de son chef de parti.

Le candidat le dit lui-même: « Je ne suis pas un idéologue.»

 Dès lors, tous les moyens sont bons pour arriver à sesfins électorales. Il flatte les bas ins­tincts, n’hésitant pas à chercher des voix sur le terrain du Front National parce que le vote FN est selon lui un vote « de désillusion», il multiplie les appels du pied aux électeurs de Jean ­Marie Le Pen.

L'annonce de la créa­tion d'un ministère de l'identité na­tionale participe de cette « droitisation » et fait mouche. Olivier Martinelli, di­recteur de cabinet du président fron­tiste, estime dans le Figaro du 22 mars que Nicolas Sarkozy « n'a pas contre le FN les mots très durs de Chirac (...).II n'y a plus le fossé qui existait avant. Nicolas Sarkozy dé­fend les valeurs traditionnelles de la droite. cela nous rapproche. Si d'aventure, les relations se normali­saient, cela changerait beaucoup de choses. »

Un nouvel horizon qui s'offre au candidat UMP ; pour tester sa rhétorique populiste ?

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