Au cours d’une conférence de presse intitulée «Une nouvelle offre France, Laurence Parisot a détaillé les propositions éco­nomiques de l'organisation patronale. À un mois du premier tour, la pa­tronne du MEDEF demande aux «candidats » de « ne pas se contenter de 2 % de crois­sance alors que le potentiel de la France est à 4 ou 5 % ». «Déjà, à 3 ou 4 %, beaucoup de difficultés commence­raient à être résolues, » estime Laurence Parisot, comme « l'endettement public,. la pauvreté, la délinquance, le chômage, etc. »

La numéro 1 du MEDEF veut que soit «abandonnée cette politique économique qui est fonda­mentalement la même depuis des décennies, qui fait de la demande le seul levier de l'action économique". Pour la représentante du MEDEF, il faut maintenant «réfléchir à une toute autre approche, donnant la priorité à1'offre".

«Si la France applique une politique de l'offre, ce serait une véritable révolution co­pernicienne ", ajoute-t-elle.

Intervenant à son tour,Pierre Nanterme décline les piliers d'une «nouvelle offre France ».

Premièrement, «il faut sti­muler l'investissement pour l'augmenter de 30 milliards d'euros d'ici cinq ans» en « ré­injectant des capitaux supplé­mentaires, » explique le prési­dent de la commission économie du MEDEF.

Il omet de rappeler ici que le rendement exigé par les marchés financiers lamine un à un chaque projet d'investissement. Dans les grandes ou petites entreprises, l'investissement n'est plus jugé par rapport à ses débouchés en production et en emplois, mais par rapport à la rentabilité des capitaux de l'actionnaire. Dans ces conditions, l' objectif décliné par Pierre Nanterme, d’atteindre un taux d’investissement de 13 % au PIB (au lieu de 11 %), est au moins équivoque.

Deuxièmement, il estime que «les dépenses en re­cherche et développement doivent au minimum aug­menter de 50 %, soit de 20 à 30 milliards d'euros». À ce propos, dans la panoplie du MEDEF figure l'autonomie des universités pour les rap­procher des entreprises.

Troisièmement, «stimuler la croissance des entreprises de taille moyenne, entre 20 et 250 salariés» est essentiel, es­time-t-il, chiffrant à 10000 le nombre de PME supplémen­taires nécessaires d'ici cinq ans.

En réponse à une ques­tion sur l'allongement des dé­lais de paiement (600 milliards d’euros en 2006) qui étouffent littéralement les PME, Lau­rence Parisot a esquivé la res­ponsabilité des grands don­neurs d'ordres. Renvoyant le problème à une question de manque de capitaux propre des PME, la présidente du MEDEF estime que la solution passe par les «fonds de private equity» c'est-à-dire les fonds d'investissement.

. Enfin, pour mener à bien une «politique de l'offre», le MEDEF demande «l'allongement, voire la suppression de la durée légale du temps de travail», ainsi que "d'insérer dans la Constitution une charte des droits du contribuable». 

Oubliant les nombreuse mesures fiscales prises en faveur des actionnaires des hauts revenus et du patrimoine depuis cinq ans, le MEDEF en réclame toujours plus en matière fiscale, par la suppression, à horizon de cinq ans, de la taxe professionnelle notamment.