Devant les petits patrons, Le Pen insulte les jeunes.
Par Régis TRILLES le dimanche 25 mars 2007, 13:40 - Campagne présidentielle - Lien permanent
Invité par la CGPME, le candidat du Front national s’en est pris à l’école, mais pas au capital.
Ce n'était pas la « standing ovation » réservée à Nicolas Sarkozy fin janvier, mais des applaudissements de courtoisie, enthousiastes pour certains: Quand le syndicat des petites et moyennes entreprises (CGPME) convie Jean Marie Le Pen pour échanger sur son programme, on se retrouve entre gens de bonne compagnie, avec des Monsieur le Président par-ci, des signes de complaisance par-là.
Lorsqu'une dirigeante de la société de communication l'appelle M. Hulot, c'est le fou rire général et complice.
Certes, le patronat ne partage ni son rejet de l’Europe, ni sa volonté de fermer les frontières mais son antisyndicalisme hargneux, sa défense d'un« capitalisme national, social et familial", ses attaques contre le Code du travail, ou encore son aversion pour l'impôt satisfont largement l'assistance, composée d'une centaine de chefs d'entreprise.
Approbation également quand le leader d'extrême droite s'en prend à la société de l'assistanat qu'il accuse d'avoir « sciemment détruit les valeurs de l’entreprise depuis trente ans", en valorisant la fonction publique au détriment du secteur privé.
Mais c'est envers l'école que la charge du candidat du Front national fut la plus virulente.
«L'éducation nationale obéit à une idéologie de gauche souvent agressive » a t’il lâché. Aux jeunes des banlieues qui se plaignent de ne pas trouver de travail, il lance : « Prenez votre baluchon, allez sur le trimard. " Pour le populiste, jeunesse rime avec paresse. La preuve? Aucun étudiant n'est venu frapper au mirador de sa propriété de Saint-Cloud pour un job d'été.
Normal, puisque l'université prône,« l'année sabbatique permanente " et offre «des avantages qui donnent avant tout le goût d'y rester ".
«L'immigration n’est-elle tout de même pas une alternative à la pénurie de personnel dans certains secteurs d'activité? »ose le chef d'une entreprise d'arrosage automatique.
La réponse était attendue: « Si nous-nous laissons aller à la facilité de l’immigration, nous serons submergés. Si nous n' avons plus cet idéal d'égoïsme vital, nous disparaîtrons. »
Là, les patrons n'y croient plus: la main-d’œuvre immigrée, ils le savent, a de nombreuses qualités.
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