Dans une série d'entretiens publiés hier par les Echos, ces économistes, de sensibilités différentes, dressent un tableau sévère de l'économie française et suggèrent des pistes de réformes.

"J'observe que les Fran­çais sont parmi les habitants du G7 (groupe des sept pays les plus indus­trialisés, ndlr) les moins motivés au travail. C'est incroyable !",s'excla­me l'économiste Edmund Phelps, prix Nobel 2006.

"Quand les jeunes quittent leur pays pour aller s'installer à Lon­dres, Dublin, ou dans la Silicon Valley, il y a lieu de s'inquiéter",prévient ce professeur de 73 ans à l'université Columbia de New York, reconnu pour ses travaux sur la croissance économique.

Ce néokeynésien, pourtant oppo­sé à une déréglementation effrénée du marché du travail, constate que "les Européens ne croient plus au travail comme moyen d'épanouis­sement".Il propose donc de "ren­dre le travail plus stimulant"en ré­formant par exemple le Code du travail.

Distingué en 1987 pour ses tra­vaux sur l'impact du progrès tech­nique sur la croissance, le keyné­sien Robert Solow reconnaît qu'en termes de productivité, la France est très performante. Mais les 35 heures ont été, selon lui, un échec.

"Le nombre d'heures de travail en moyenne n'a guère évolué",consta­te l'ancien conseiller de John Kennedy. L'impact des 35 heures "a donc été minime".

Face à la mondialisation, "la Fran­ce a sans doute plus à gagner qu'à perdre",rassure-t-il, en préconi­sant des "réformes progressives"plutôt qu'une thérapie de choc.

Pour Gary Becker, prix Nobel 1992) le taux de croissance de l'éco­nomie française "n'est pas assez élevé car ce pays ne s’est pas suffisamment réformé"et reste handica­pé par "un marché du travail pas assez flexible".

Le salaire minimum est « trop élevé »…

Pour ce libéral bon teint issu de l'école de Chicago et connu pour ses travaux sur le "capital hu­main ", "les entreprises devraient notamment avoir davantage de marge de manœuvre pour licencier les employés qui ne leur convien­nent pas".De même, "le salaire mi­nimum, que certains candidats à la présidentielle veulent augmen­ter, est au contraire trop élevé", Selon lui,le principal atout de la France reste son "capital humain",sans oublier sa créativité et ses "ex­cellents »fonctionnaires et scientifi­ques.

Edward Prescott, honoré en 2004 pour ses travaux: sur les cycles éco­nomiques, estime que "l'économie française est en bonne santé"mais qu'il faudrait y réduire « la forte pression fiscale".

"Si la France ramenait ses taux d'imposition au niveau américain, le produit des impôts serait du mê­me ordre qu'aujourd'hui, car après une période de transition, la pro­duction serait 40 % plus élevée »ex­plique ce chef de file de la pensée néoclassique antikeynésienne.

Constat sévère aussi que celui dres­sé par Paul Samuelson, prix Nobel 1970, pour qui "la France fait par­tie des pays européens au modèle le moins efficace"car "elle n'a pas su s'adapter aux nouvelles réalités de l'économie mondiale".

"Les Français, aujourd'hui, de­vraient tolérer la remise en question de certains privilèges et accep­ter que leur société soit davantage inégalitaire »,lance ce chef de file de la "synthèse néoclassique »,qui se dit politiquement au centre.

Et de conclure: « La France a be­soin de rencontrer son Ronald Rea­gan ou plutôt son Tony Blair qui est moins à droite du point de vue économique ».

Sachant que :

  • Alfred Nobel, dont la fortune est à l’origine des prix, inventa la dynamite…
  • Alfred Nobel ne créa pas le prix d’économie (créé en 1968, 72 ans après sa mort…
  • Ce prix est très critiqué, puisque obtenu par des économistes orthodoxes issus des universités américaines… (65 %),

que seulement 5 ultras-libéraux d’outre atlantique tentent, sur ordre ou non, de nous donner des leçons d’économie n’est pas en soi la pire des nouvelles, chacun de nous restant libre de ranger ces avis où bon lui semble…